Alopécie chez l'Enfant : Causes et Traitements
Alopécie chez l'enfant : causes, diagnostic et traitements. Tout savoir sur la pelade et la perte de cheveux pédiatrique.
Mis à jour le 27 janvier 2026

L’alopécie chez l’enfant est une situation qui génère beaucoup d’inquiétude chez les parents. Voir son enfant perdre ses cheveux, que ce soit brutalement ou progressivement, soulève de nombreuses questions sur les causes et les conséquences de cette perte. Contrairement aux adultes où l’alopécie androgénétique prédomine, les causes de la perte de cheveux chez l’enfant sont variées et nécessitent une approche diagnostique spécifique.
Ce guide vous présente les différentes formes d’alopécie pédiatrique, avec un focus particulier sur la pelade qui est la cause la plus fréquente, les méthodes de diagnostic et les options thérapeutiques adaptées aux enfants.
Les différentes formes d’alopécie chez l’enfant
La perte de cheveux chez l’enfant peut avoir de multiples origines, très différentes de celles de l’adulte.
La pelade (alopécie areata)
Selon l’American Academy of Dermatology, la pelade est la forme d’alopécie la plus fréquente chez l’enfant. Elle représente environ 60% des cas de chute de cheveux pédiatrique.
Qu’est-ce que la pelade ?
La pelade est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire attaque par erreur les follicules pileux. Elle peut survenir à tout âge mais débute souvent dans l’enfance, avec un pic entre 5 et 12 ans.
Manifestations cliniques
La pelade se caractérise par l’apparition soudaine de plaques rondes ou ovales totalement dépourvues de cheveux. La peau de ces plaques est lisse, sans rougeur ni squame. Les cheveux en périphérie des plaques présentent parfois un aspect “en point d’exclamation”, plus fins à la base.
Formes de pelade
La pelade en plaques localisées est la forme la plus courante avec une ou plusieurs plaques. La pelade totale (alopecia totalis) touche l’ensemble du cuir chevelu. La pelade universelle (alopecia universalis) entraîne la perte de tous les poils du corps.
La teigne du cuir chevelu
La teigne est une infection fongique (champignons) du cuir chevelu, très fréquente chez les enfants.
Caractéristiques
Selon une étude du NCBI, la teigne se manifeste par des plaques où les cheveux sont cassés courts ou tombent, des squames ou croûtes sur le cuir chevelu, parfois des rougeurs et démangeaisons, et éventuellement une inflammation avec pustules (kérion).
La teigne est contagieuse et peut se transmettre entre enfants ou par les animaux domestiques.
La trichotillomanie
La trichotillomanie est un trouble comportemental où l’enfant s’arrache ses propres cheveux de manière compulsive.
Signes évocateurs
On observe des zones irrégulières de cheveux cassés à différentes longueurs, une localisation souvent frontale ou latérale (zones accessibles), un déni fréquent de l’enfant, et parfois un contexte de stress ou d’anxiété.
Ce trouble nécessite une prise en charge psychologique adaptée.
L’alopécie de traction
Certaines coiffures exercent une tension excessive sur les cheveux des enfants.
Les tresses serrées, queues de cheval tirées ou élastiques trop serrés peuvent provoquer une chute au niveau de la ligne frontale ou des tempes. Identifiée tôt, cette alopécie est réversible en changeant de coiffure.
L’effluvium télogène
Une maladie aiguë, une forte fièvre, une intervention chirurgicale ou un stress important peuvent déclencher une chute diffuse des cheveux deux à trois mois après l’événement.
Ce phénomène est temporaire et les cheveux repoussent généralement complètement une fois la cause résolue.
Les alopécies congénitales
Certains enfants naissent avec une absence ou une raréfaction des cheveux d’origine génétique.
Ces alopécies congénitales peuvent être isolées ou s’inscrire dans des syndromes génétiques plus larges. Elles nécessitent une évaluation génétique spécialisée.

Diagnostic de l’alopécie chez l’enfant
Face à une perte de cheveux chez un enfant, une consultation dermatologique est essentielle pour identifier la cause et orienter le traitement.
L’examen clinique
Le dermatologue examine attentivement le cuir chevelu et les cheveux.
Il analyse le schéma de la perte de cheveux, qu’elle soit en plaques, diffuse ou linéaire. Il recherche des signes associés comme des squames, rougeurs, pustules ou cicatrices. Il examine les cheveux en périphérie des zones atteintes. Il vérifie également les autres zones pileuses comme les sourcils et les cils.
L’interrogatoire
L’histoire de la perte de cheveux oriente fortement le diagnostic.
Le médecin s’enquiert du mode d’apparition, soudain ou progressif, et de la chronologie des événements. Il recherche d’éventuels événements déclencheurs récents comme une maladie, un stress ou un déménagement. Il questionne sur les habitudes capillaires incluant les coiffures et les soins utilisés. Il s’informe des antécédents familiaux d’alopécie ou de maladies auto-immunes. Il note également tout traitement médicamenteux en cours.
Examens complémentaires
Selon la suspicion diagnostique, des examens peuvent être nécessaires.
Le prélèvement mycologique
En cas de suspicion de teigne, un prélèvement de squames et de cheveux permet d’identifier le champignon responsable au microscope et en culture.
La trichoscopie
Cet examen non invasif grossit le cuir chevelu et les cheveux pour identifier des signes spécifiques comme les cheveux “en point d’exclamation” de la pelade.
Le bilan sanguin
En cas de chute diffuse, un bilan peut rechercher des carences en fer, zinc, vitamines ou des anomalies thyroïdiennes.
La biopsie cutanée
Rarement nécessaire chez l’enfant, elle peut être indiquée dans les cas atypiques pour confirmer le diagnostic.
Traitement de la pelade chez l’enfant
La prise en charge de la pelade pédiatrique doit être adaptée à l’âge de l’enfant et à l’étendue de l’atteinte.
L’évolution naturelle de la pelade
Selon la National Alopecia Areata Foundation, la pelade en plaques localisées a généralement un bon pronostic chez l’enfant.
Dans 80% des cas de pelade limitée, une repousse spontanée survient dans l’année. Les rechutes sont possibles, touchant parfois les mêmes zones ou d’autres. Les formes étendues (totale, universelle) ont un pronostic plus réservé.
Cette évolution favorable naturelle influence la stratégie thérapeutique.
Traitements locaux
Les traitements topiques constituent généralement la première ligne thérapeutique.
Corticoïdes topiques
Les crèmes ou lotions à base de corticoïdes sont appliquées sur les plaques. Elles réduisent l’inflammation locale et peuvent accélérer la repousse. Les dermocorticoïdes de classe moyenne à forte sont utilisés sous contrôle médical.
Minoxidil topique
Le minoxidil à 2% ou 5% peut être prescrit en complément pour stimuler la repousse. Son efficacité est variable et il ne traite pas la cause auto-immune.
Injections de corticoïdes
Chez les enfants plus grands et coopérants, des injections de corticoïdes peuvent être proposées.
Le dermatologue injecte de petites quantités de corticoïdes directement dans les plaques. Cette technique est efficace mais peut être douloureuse. Elle est généralement réservée aux enfants de plus de 10 ans.
Traitements systémiques
Dans les formes étendues ou résistantes, des traitements par voie orale peuvent être envisagés.
Corticoïdes oraux
Une courte cure de corticoïdes peut être proposée pour freiner une poussée active. Les effets secondaires limitent leur utilisation prolongée.
Inhibiteurs de JAK
Les nouvelles molécules comme le baricitinib ou le ritlecitinib montrent des résultats prometteurs dans les formes sévères. Leur utilisation chez l’enfant est encore limitée et encadrée.
Photothérapie
L’exposition contrôlée aux UVA (PUVA thérapie) peut être proposée aux adolescents dans certains cas.

Traitement des autres alopécies pédiatriques
Teigne du cuir chevelu
La teigne nécessite un traitement antifongique systémique (par voie orale) pendant plusieurs semaines.
La griséofulvine ou le terbinafine sont les traitements de référence. Un shampoing antifongique complète le traitement oral. La durée de traitement est de six à huit semaines généralement. L’enfant peut retourner à l’école après le début du traitement mais ne doit pas partager ses accessoires capillaires.
Trichotillomanie
La prise en charge est principalement psychologique.
Une thérapie comportementale aide l’enfant à identifier et gérer le comportement d’arrachage. L’identification et le traitement des facteurs de stress sous-jacents sont essentiels. Les parents doivent éviter de punir ou de dramatiser le comportement.
Alopécie de traction
L’arrêt des coiffures traumatisantes permet généralement la repousse.
Évitez les tresses serrées et les élastiques qui tirent. Privilégiez les coiffures lâches et des accessoires doux. Si détectée tôt, la repousse est complète.
Accompagnement psychologique de l’enfant
L’alopécie peut avoir un impact significatif sur le bien-être psychologique de l’enfant.
Impact sur l’enfant
La perte de cheveux peut entraîner une atteinte de l’estime de soi. L’enfant peut subir des moqueries ou du harcèlement à l’école. Un repli social ou une anxiété peuvent apparaître. L’impact varie selon l’âge et la personnalité de l’enfant.
Comment aider l’enfant
Écoute et validation
Écoutez les sentiments de l’enfant sans minimiser. Reconnaissez que c’est difficile tout en restant positif.
Information adaptée à l’âge
Expliquez simplement ce qui se passe avec ses cheveux. Rassurez sur le fait que ce n’est pas de sa faute et que ce n’est pas contagieux.
Renforcement de l’estime de soi
Valorisez d’autres qualités et talents de l’enfant. Encouragez les activités qui le mettent en confiance.
Solutions pratiques
Des accessoires comme des bandeaux, casquettes ou perruques peuvent aider l’enfant à se sentir mieux. Respectez ses choix sur la façon de gérer son apparence.
Soutien professionnel
Un accompagnement psychologique peut être bénéfique si l’enfant souffre beaucoup de sa condition.
Ressources pour les familles
Des associations de patients offrent soutien et ressources. Les groupes de pairs permettent aux enfants de rencontrer d’autres jeunes dans la même situation. Des perruques médicales peuvent être prescrites et en partie remboursées.
Pronostic et évolution
Le pronostic de l’alopécie pédiatrique varie selon sa cause.
Pelade
La majorité des enfants avec une pelade limitée retrouvent leurs cheveux spontanément ou avec traitement. Les formes étendues ont un pronostic plus incertain mais des améliorations restent possibles.
Teigne
Avec un traitement adapté, la guérison est complète et les cheveux repoussent normalement.
Trichotillomanie
L’évolution dépend de la prise en charge psychologique. Avec un accompagnement adapté, la plupart des enfants cessent le comportement d’arrachage.
Alopécies congénitales
Ces formes génétiques sont généralement permanentes mais des solutions esthétiques existent comme les prothèses capillaires.
Questions fréquentes
La pelade chez l’enfant est-elle contagieuse ?
Non, la pelade est une maladie auto-immune et n’est absolument pas contagieuse. Votre enfant peut aller à l’école et jouer normalement avec ses camarades. En revanche, la teigne est contagieuse et nécessite des précautions.
Mon enfant perdra-t-il tous ses cheveux s’il a une pelade ?
Pas nécessairement. La majorité des enfants avec une pelade en plaques gardent une atteinte limitée et voient leurs cheveux repousser. Seule une minorité évolue vers des formes plus étendues. Le dermatologue peut évaluer les facteurs pronostiques.
La pelade est-elle héréditaire ?
Il existe une composante génétique dans la pelade. Si un parent ou un proche est atteint, le risque pour l’enfant est légèrement augmenté mais reste faible. La pelade n’est cependant pas directement héréditaire comme un caractère dominant.
Mon enfant peut-il faire du sport et aller à la piscine avec une pelade ?
Oui, la pelade ne contre-indique aucune activité. La natation, le sport et toutes les activités normales sont possibles. Si l’enfant est gêné par son apparence, un bonnet de bain ou une casquette peuvent l’aider.
Les traitements de la pelade sont-ils efficaces chez l’enfant ?
Les traitements peuvent accélérer la repousse mais n’empêchent pas les rechutes. Chez l’enfant, l’évolution naturelle est souvent favorable même sans traitement. La décision de traiter dépend de l’étendue de l’atteinte et du vécu de l’enfant.
Conclusion
L’alopécie chez l’enfant recouvre plusieurs conditions distinctes, la pelade étant la plus fréquente. Si la perte de cheveux de votre enfant vous inquiète, une consultation dermatologique permettra d’identifier la cause et de vous rassurer sur le pronostic.
Dans la majorité des cas, notamment pour la pelade limitée, l’évolution est favorable avec une repousse spontanée ou sous traitement. L’accompagnement psychologique de l’enfant est tout aussi important que le traitement médical pour l’aider à vivre sereinement cette période.
Note aux parents : Restez positifs et soutenants face à votre enfant. L’alopécie n’affecte pas sa santé globale et dans la plupart des cas, les cheveux repoussent. N’hésitez pas à solliciter un soutien psychologique si votre enfant ou vous-même en ressentez le besoin.
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