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Alopécie Areata : Comprendre la Pelade et les Maladies...

L'alopécie areata (pelade) est une maladie auto-immune causant une perte de cheveux. Découvrez les causes, symptômes et traitements de cette condition.

Dr. François Leclerc, Dermatologue
26 janvier 2026 15 min de lecture

Mis à jour le 27 janvier 2026

Illustration médicale montrant le mécanisme auto-immun de l'alopécie areata

Schéma illustrant l'attaque auto-immune des follicules pileux dans la pelade

L’alopécie areata, communément appelée pelade, est une maladie auto-immune qui provoque une perte de cheveux en plaques. Contrairement à l’alopécie androgénétique d’origine hormonale, la pelade résulte d’une attaque du système immunitaire contre ses propres follicules pileux. Cette condition touche environ 2% de la population mondiale et peut survenir à tout âge, y compris chez l’enfant.

Ce guide vous explique les mécanismes de cette maladie auto-immune, ses différentes formes, les traitements disponibles et les perspectives de recherche.

Qu’est-ce que l’alopécie areata ?

L’alopécie areata est une maladie auto-immune du follicule pileux.

Définition et mécanisme

Selon les publications du NCBI, l’alopécie areata se caractérise par une réaction immunitaire anormale.

Le système immunitaire, normalement chargé de défendre l’organisme contre les agents extérieurs, se retourne contre les follicules pileux. Les cellules immunitaires (lymphocytes T) attaquent les follicules comme s’ils étaient des corps étrangers. Cette attaque provoque l’arrêt de la production de cheveux et leur chute. Le follicule n’est pas détruit, c’est pourquoi une repousse reste possible.

Un privilège immunitaire perdu

Les follicules pileux bénéficient normalement d’un “privilège immunitaire” qui les protège du système immunitaire.

Dans la pelade, ce privilège immunitaire est perdu. Les follicules deviennent la cible des cellules immunitaires. Les mécanismes exacts de cette perte de protection ne sont pas entièrement compris.

Différence avec l’alopécie androgénétique

Il est important de distinguer ces deux conditions très différentes.

L’alopécie areata est auto-immune avec une apparition souvent brutale en plaques. L’alopécie androgénétique est hormonale avec une progression lente et prévisible. La pelade peut toucher n’importe qui à tout âge tandis que l’androgénétique est liée aux hormones et à la génétique. Les traitements sont complètement différents pour ces deux conditions.

Les différentes formes de pelade

L’alopécie areata peut se présenter sous plusieurs formes d’étendue variable.

Pelade en plaques (alopecia areata patchy)

C’est la forme la plus courante et la plus bénigne.

Selon l’American Academy of Dermatology, la pelade en plaques se manifeste par une ou plusieurs zones rondes ou ovales dépourvues de cheveux. Les plaques apparaissent sur le cuir chevelu ou d’autres zones pileuses. La peau des plaques est lisse et non cicatricielle. Dans la majorité des cas, les cheveux repoussent spontanément.

Pelade totale (alopecia totalis)

Cette forme plus sévère touche l’ensemble du cuir chevelu.

La pelade totale représente la perte complète de tous les cheveux du cuir chevelu. Elle peut évoluer depuis une pelade en plaques ou apparaître d’emblée. Le pronostic de repousse est moins favorable que pour les formes localisées.

Pelade universelle (alopecia universalis)

C’est la forme la plus étendue de la maladie.

La pelade universelle entraîne la perte de tous les poils du corps, incluant les cheveux, sourcils, cils, barbe et tous les poils corporels. Cette forme représente environ 5% des cas de pelade. L’impact psychologique est souvent majeur.

Autres formes cliniques

D’autres présentations existent.

L’ophiasis est une pelade en bande touchant la ligne occipitale et temporale. La sisaipho (ophiasis inversée) épargne ces zones et touche le sommet. La pelade diffuse provoque un éclaircissement généralisé sans plaques distinctes.

Les différentes formes cliniques de l'alopécie areata

Causes et facteurs de risque

Les causes exactes de la pelade ne sont pas entièrement connues, mais plusieurs facteurs sont impliqués.

Prédisposition génétique

La génétique joue un rôle important dans la susceptibilité à la pelade.

Environ 10 à 20% des personnes atteintes ont un antécédent familial de pelade. Des gènes du système HLA (antigènes leucocytaires humains) sont associés à un risque accru. La pelade est plus fréquente chez les personnes ayant des parents atteints de maladies auto-immunes.

Facteurs déclencheurs

Certains événements peuvent déclencher une poussée chez les personnes prédisposées.

Le stress intense ou un choc émotionnel sont fréquemment rapportés avant l’apparition des plaques. Les infections virales sont parfois impliquées. Des traumatismes physiques ou chirurgicaux peuvent précéder la pelade. Cependant, aucun facteur déclencheur n’est identifié dans de nombreux cas.

Association avec d’autres maladies auto-immunes

La pelade s’associe souvent à d’autres pathologies auto-immunes.

Selon la National Alopecia Areata Foundation, les patients atteints de pelade ont un risque accru de thyroïdite d’Hashimoto et maladie de Basedow, de vitiligo (dépigmentation de la peau), de lupus érythémateux et de polyarthrite rhumatoïde. Un bilan auto-immun est souvent réalisé au diagnostic.

Facteurs de mauvais pronostic

Certains éléments sont associés à une évolution moins favorable.

Le début dans l’enfance avant la puberté est un facteur de mauvais pronostic. Les formes étendues (totale, universelle) ont un pronostic moins bon. L’association avec d’autres maladies auto-immunes assombrit le pronostic. Les atteintes des ongles signalent souvent une forme plus sévère.

Symptômes et diagnostic

Reconnaître la pelade permet une prise en charge rapide.

Manifestations cliniques

La pelade a des caractéristiques distinctives.

L’apparition est généralement soudaine, en quelques jours à quelques semaines. Les plaques sont rondes ou ovales, bien délimitées. La peau est normale sans rougeur, squame ou cicatrice. Les cheveux en périphérie des plaques ont parfois un aspect “en point d’exclamation” (plus fins à la base). Les ongles peuvent présenter des dépressions punctiformes.

Diagnostic différentiel

D’autres conditions peuvent ressembler à la pelade.

La teigne du cuir chevelu (surtout chez l’enfant) présente des squames et cheveux cassés. L’alopécie cicatricielle montre une peau cicatricielle et des orifices folliculaires absents. La trichotillomanie (arrachage compulsif) crée des zones irrégulières. Le lupus discoïde présente des signes inflammatoires caractéristiques.

Examens complémentaires

Le diagnostic est souvent clinique, mais des examens peuvent être utiles.

La trichoscopie révèle des signes spécifiques comme les cheveux “en point d’exclamation” et les points noirs et jaunes caractéristiques. Le bilan auto-immun recherche des anomalies thyroïdiennes et d’autres marqueurs. La biopsie du cuir chevelu peut être réalisée dans les cas atypiques.

Évolution et pronostic

L’évolution de la pelade est imprévisible.

Évolution naturelle

La pelade peut évoluer de différentes manières.

Dans la pelade en plaques limitées, une repousse spontanée survient dans 80% des cas dans l’année. Les cheveux repoussent initialement blancs ou gris avant de reprendre leur couleur normale. Les rechutes sont fréquentes, touchant environ 50% des patients. L’évolution vers des formes étendues est possible mais pas systématique.

Facteurs influençant le pronostic

Plusieurs éléments permettent d’anticiper l’évolution.

Un début après la puberté est de meilleur pronostic. Les formes limitées (une ou quelques plaques) évoluent généralement mieux. L’absence d’antécédent familial est favorable. Les atteintes unguéales et les formes associées à d’autres maladies auto-immunes ont un pronostic plus réservé.

Vivre avec l’incertitude

L’imprévisibilité de la maladie est difficile à gérer.

Les rechutes peuvent survenir après des années de rémission. L’anxiété liée à cette incertitude est normale. Un accompagnement psychologique peut aider à gérer cette dimension.

Cycle typique de la pelade : chute, rémission et rechute potentielle

Traitements de l’alopécie areata

Aucun traitement ne guérit définitivement la pelade, mais plusieurs options permettent de favoriser la repousse.

Traitements topiques

Les traitements locaux sont souvent utilisés en première intention.

Les corticoïdes en crème ou lotion (clobétasol, bétaméthasone) réduisent l’inflammation locale. L’anthraline (dithranol) crée une irritation locale qui peut stimuler la repousse. Le minoxidil peut être associé pour stimuler la croissance. Le diphénylcyclopropénone (DPCP) induit une dermatite de contact qui module la réponse immunitaire.

Injections de corticoïdes

Les injections intralésionnelles sont très efficaces pour les formes localisées.

L’acétonide de triamcinolone est injecté directement dans les plaques. Cette technique est efficace pour les plaques limitées chez l’adulte. Les injections sont réalisées toutes les quatre à six semaines. Elles sont peu adaptées aux formes étendues et aux jeunes enfants.

Traitements systémiques

Dans les formes étendues ou résistantes, des traitements par voie orale peuvent être proposés.

Les corticoïdes oraux en cure courte peuvent freiner une poussée active mais ne sont pas adaptés au long cours. L’immunothérapie de contact (DPCP, SADBE) est parfois utilisée pour les formes étendues. Les immunosuppresseurs (méthotrexate, ciclosporine) sont réservés aux cas sévères. Les traitements médicamenteux évoluent constamment.

Les inhibiteurs de JAK : une révolution

Ces nouvelles molécules représentent une avancée majeure.

Le baricitinib (Olumiant) est approuvé pour la pelade sévère de l’adulte. Le ritlecitinib est autorisé pour les adultes et adolescents. Ces médicaments ciblent les voies de signalisation JAK impliquées dans la réponse auto-immune. Leur efficacité est significativement supérieure aux traitements antérieurs. Ils présentent cependant des effets secondaires potentiels nécessitant une surveillance.

Photothérapie

La lumière UV peut moduler la réponse immunitaire.

La PUVA thérapie combine des psoralènes et des UVA. Elle peut être efficace dans certaines formes de pelade. Elle nécessite des séances régulières et prolongées.

Accompagnement psychologique

L’impact psychologique de la pelade ne doit pas être sous-estimé.

Impact sur la qualité de vie

La pelade affecte profondément le bien-être.

L’apparence modifiée peut entraîner une perte d’estime de soi. L’anxiété sociale et la dépression sont fréquentes. L’imprévisibilité de l’évolution génère du stress. Les enfants et adolescents sont particulièrement vulnérables.

Ressources et soutien

Plusieurs ressources peuvent aider.

Les associations de patients comme la NAAF offrent information et soutien. Les groupes d’entraide permettent de partager avec d’autres personnes touchées. Un accompagnement psychologique individuel peut être bénéfique. Des perruques et prothèses capillaires peuvent améliorer la qualité de vie.

Stratégies d’adaptation

Différentes approches aident à faire face.

Certaines personnes choisissent de camoufler (perruques, maquillage). D’autres assument leur alopécie ouvertement. Des célébrités atteintes de pelade contribuent à normaliser la condition. L’important est de trouver ce qui vous convient.

Questions fréquentes

La pelade est-elle contagieuse ?

Non, l’alopécie areata n’est absolument pas contagieuse. C’est une maladie auto-immune liée à un dysfonctionnement du système immunitaire, pas à une infection. Vous ne pouvez ni l’attraper ni la transmettre à quelqu’un d’autre.

Mes cheveux repousseront-ils ?

Dans la majorité des cas de pelade en plaques limitées, les cheveux repoussent spontanément dans l’année. Pour les formes plus étendues, le pronostic est plus incertain mais une repousse reste possible, parfois après plusieurs années. Les traitements peuvent favoriser et accélérer la repousse.

Le stress cause-t-il la pelade ?

Le stress ne cause pas directement la pelade, mais il peut déclencher une poussée chez les personnes génétiquement prédisposées. Beaucoup de patients rapportent un événement stressant avant l’apparition des plaques, mais ce n’est pas systématique.

La pelade peut-elle toucher d’autres parties du corps ?

Oui, la pelade peut toucher toutes les zones pileuses du corps. Elle peut affecter la barbe chez l’homme, les sourcils, les cils et tous les poils corporels. Dans sa forme universelle, tous les poils du corps sont perdus.

Les enfants peuvent-ils être touchés ?

Oui, la pelade peut survenir à tout âge, y compris chez les jeunes enfants. Elle débute souvent dans l’enfance ou l’adolescence. La prise en charge doit être adaptée à l’âge, tant sur le plan médical que psychologique.

Conclusion

L’alopécie areata est une maladie auto-immune qui attaque les follicules pileux, provoquant une perte de cheveux caractéristique. Bien qu’imprévisible et parfois éprouvante, cette condition bénéficie aujourd’hui de traitements de plus en plus efficaces, notamment les nouveaux inhibiteurs de JAK.

Si vous suspectez une pelade, consultez un dermatologue pour un diagnostic précis. Pour les formes chez l’enfant, une prise en charge adaptée est particulièrement importante. Quelle que soit l’évolution, rappelez-vous que vous n’êtes pas seul(e) et que des ressources existent pour vous accompagner.

Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre éducatif. La pelade nécessite un diagnostic et un suivi dermatologique. Les traitements mentionnés doivent être prescrits et surveillés par un médecin.

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