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La Calvitie est-elle Héréditaire ? Mère, Père et...

La calvitie se transmet-elle de mère ou de père ? Découvrez le vrai rôle de l'hérédité dans la perte de cheveux et comment prédire votre risque de...

Dr. François Leclerc, Dermatologue
26 janvier 2026 14 min de lecture

Mis à jour le 27 janvier 2026

Arbre généalogique illustrant la transmission héréditaire de la calvitie

Illustration de la transmission génétique de la calvitie dans une famille

“Si mon grand-père maternel est chauve, je le serai aussi.” Cette affirmation est l’une des croyances les plus répandues sur l’hérédité de la calvitie. Mais qu’en dit réellement la science ? La calvitie se transmet-elle uniquement par la mère, ou les deux parents jouent-ils un rôle ? Peut-on prédire son avenir capillaire en observant sa famille ?

Ce guide vous explique les mécanismes génétiques de l’alopécie androgénétique, démêle les mythes des réalités, et vous aide à évaluer votre propre risque de calvitie en fonction de vos antécédents familiaux.

La calvitie est bien héréditaire

Commençons par répondre clairement à la question principale : oui, la calvitie est largement héréditaire.

Les preuves scientifiques

Selon les études du NCBI, la composante génétique de l’alopécie androgénétique est estimée entre 80% et 90%.

Les études sur les jumeaux montrent une concordance très élevée : si un jumeau identique (monozygote) est chauve, l’autre le sera presque certainement aussi. Les études familiales montrent que le risque de calvitie est significativement plus élevé chez les hommes ayant des parents chauves. Des dizaines de gènes ont été identifiés comme contribuant à la calvitie.

Ce que signifie “héréditaire”

L’hérédité de la calvitie ne fonctionne pas de manière simple comme la couleur des yeux.

La calvitie est une condition polygénique, c’est-à-dire que de nombreux gènes sont impliqués, chacun ayant un effet modeste. Ces gènes interagissent entre eux et avec des facteurs environnementaux. L’expression génétique peut varier, ce qui explique pourquoi deux frères peuvent avoir des calvities très différentes.

Le mythe du chromosome X et du grand-père maternel

La croyance que la calvitie vient exclusivement de la mère est partiellement fondée mais très incomplète.

D’où vient ce mythe ?

Cette croyance repose sur une réalité génétique partielle.

Le gène du récepteur aux androgènes (AR gene) est situé sur le chromosome X. Les hommes n’ont qu’un seul chromosome X, hérité de leur mère. Une variante particulière de ce gène augmente la sensibilité des follicules à la DHT. Logiquement, on a conclu que la calvitie venait de la mère, donc du grand-père maternel.

Pourquoi c’est incomplet

Selon MedlinePlus Genetics, cette vision est trop simpliste.

De nombreux autres gènes impliqués dans la calvitie sont situés sur les chromosomes autosomes (non sexuels), hérités des deux parents. Le gène AR sur le chromosome X n’explique qu’environ 20% de la variation génétique de la calvitie. Des études ont identifié plus de 200 régions génétiques associées à la calvitie, sur de nombreux chromosomes.

En résumé, la calvitie peut venir du côté maternel, mais aussi du côté paternel. Les deux lignées comptent.

Schéma génétique montrant l'héritage de la calvitie des deux parents

Quels gènes sont impliqués ?

La recherche a identifié de nombreux gènes contribuant à la calvitie.

Le gène du récepteur aux androgènes (AR)

C’est le gène le plus étudié dans le contexte de la calvitie.

Situé sur le chromosome X, il code pour le récepteur qui se lie à la DHT. Certaines variantes de ce gène rendent les follicules pileux plus sensibles à la DHT. Les hommes portant ces variantes ont un risque accru de calvitie.

Autres gènes importants

Selon l’American Academy of Dermatology, d’autres gènes jouent également un rôle significatif.

Le gène EDA2R (chromosome X) est également impliqué dans la sensibilité aux androgènes. Les gènes PAX1 et FOXA2 sont impliqués dans le développement des follicules pileux. Le gène 20p11 a été identifié par des études génomiques à grande échelle. Des gènes liés à la signalisation hormonale et au cycle du cheveu contribuent également.

L’effet cumulatif

La calvitie résulte de l’effet combiné de nombreuses variantes génétiques.

Chaque variante a un effet modeste individuellement. Plus vous avez de variantes “à risque”, plus votre probabilité de calvitie est élevée. Cette nature polygénique explique la grande variabilité dans l’âge de début, la sévérité et le schéma de la calvitie.

Comment prédire son risque de calvitie

Peut-on savoir si l’on sera chauve en observant sa famille ?

Observer toute la famille

Pour évaluer votre risque, regardez les deux côtés de votre famille.

Examinez votre père : sa calvitie donne une indication, mais pas définitive. Regardez vos oncles paternels pour avoir plus de données du côté paternel. Observez votre grand-père maternel qui reste un indicateur important via le chromosome X. Considérez également vos oncles maternels pour compléter le tableau maternel.

Interprétation des antécédents

Si de nombreux hommes des deux côtés de la famille sont chauves, votre risque est élevé. Si seul un côté est touché, votre risque est intermédiaire. Si personne n’est chauve dans votre famille, votre risque est plus faible mais pas nul.

Cependant, même avec des antécédents familiaux forts, la calvitie n’est pas une certitude. Inversement, une calvitie peut survenir même sans antécédent apparent.

Les tests génétiques

Des tests génétiques commerciaux prétendent prédire le risque de calvitie.

Ces tests analysent certaines variantes génétiques connues. Leur fiabilité est limitée car ils ne capturent qu’une partie des gènes impliqués. Ils peuvent donner une indication mais ne prédisent pas avec certitude. Ils sont généralement considérés comme non indispensables par les dermatologues.

L’observation familiale combinée à l’examen clinique reste le meilleur indicateur.

Variabilité entre frères

Pourquoi deux frères peuvent-ils avoir des calvities très différentes ?

La loterie génétique

Chaque enfant hérite d’un mélange unique de gènes parentaux.

Les frères partagent environ 50% de leurs gènes, pas 100%. Pour chaque gène, il y a une chance sur deux de recevoir la même version qu’un frère. Sur des dizaines de gènes impliqués dans la calvitie, les combinaisons possibles sont immenses.

Exemple concret

Prenons deux frères avec les mêmes parents.

Le frère A peut avoir hérité de la version “sensible” du gène AR de sa mère et de plusieurs autres variants à risque du père. Le frère B peut avoir hérité de la version “résistante” du gène AR et moins de variants à risque. Résultat : A devient chauve à 25 ans tandis que B garde ses cheveux à 50 ans.

Cette variabilité est parfaitement normale et ne remet pas en question la nature héréditaire de la calvitie.

Exemple de deux frères avec calvities différentes malgré les mêmes parents

L’hérédité chez la femme

L’alopécie androgénétique féminine est également héréditaire mais avec des particularités.

Similitudes avec l’homme

Les mêmes gènes sont impliqués dans la calvitie féminine. La transmission est également polygénique et des deux parents. La sensibilité des follicules à la DHT reste le mécanisme central.

Différences importantes

L’expression de la calvitie féminine est différente pour plusieurs raisons.

Les femmes ont deux chromosomes X, donc potentiellement deux copies du gène AR. Les œstrogènes ont un effet protecteur sur les cheveux. La présentation clinique est différente, avec un éclaircissement diffus plutôt qu’un recul frontal. La calvitie féminine devient souvent visible plus tard, notamment après la ménopause.

Peut-on échapper à son destin génétique ?

L’hérédité définit votre prédisposition, mais pas votre destin.

Les traitements préventifs

Si vous êtes prédisposé génétiquement, agir tôt peut changer la donne.

Le finastéride bloque la DHT et peut prévenir ou ralentir significativement la calvitie chez les hommes prédisposés. Le minoxidil stimule la croissance et peut être utilisé préventivement. Commencer un traitement dès les premiers signes maximise les chances de préserver sa chevelure.

L’importance du diagnostic précoce

Plus le traitement est débuté tôt, meilleurs sont les résultats.

Surveillez les signes précoces : affinement des cheveux, recul des golfes, éclaircissement du vertex. Consultez un dermatologue dès les premiers doutes, surtout si vous avez des antécédents familiaux. Un traitement précoce peut maintenir une chevelure satisfaisante pendant des décennies.

Les limites de l’intervention

Les traitements peuvent stabiliser et parfois améliorer, mais pas toujours inverser complètement.

Les follicules définitivement atrophiés ne peuvent pas être récupérés. La greffe de cheveux reste une option pour restaurer les zones définitivement dégarnies. L’acceptation de la calvitie et l’adaptation (coupe courte, crâne rasé) sont également des options valides.

Questions fréquentes

Si mon père est chauve, le serai-je forcément ?

Non, pas forcément. La calvitie est héritée des deux parents et implique de nombreux gènes. Avoir un père chauve augmente votre risque mais ne garantit pas que vous le serez. Inversement, vous pouvez devenir chauve même si votre père ne l’est pas.

Le gène de la calvitie vient-il vraiment de la mère ?

Cette croyance est partiellement vraie mais incomplète. Le gène du récepteur aux androgènes sur le chromosome X vient effectivement de la mère. Cependant, de nombreux autres gènes impliqués dans la calvitie viennent des deux parents. Les deux côtés de la famille comptent.

Puis-je faire un test génétique pour savoir si je serai chauve ?

Des tests commerciaux existent mais leur fiabilité est limitée. Ils n’analysent qu’une partie des gènes impliqués et ne prédisent pas avec certitude. L’observation de votre famille reste le meilleur indicateur, combinée à l’évaluation clinique par un dermatologue.

Mes enfants seront-ils chauves si je le suis ?

Ils auront un risque accru mais pas une certitude. Vos enfants hériteront de certains de vos gènes de calvitie mais aussi de ceux de votre partenaire. Le résultat dépendra du mélange génétique unique de chaque enfant. Vos fils auront statistiquement plus de risque que la population générale, mais ce n’est pas une fatalité.

Pourquoi mon frère est-il chauve et pas moi ?

Les frères ne partagent que 50% de leurs gènes en moyenne. Sur les dizaines de gènes impliqués dans la calvitie, chacun a reçu un assortiment différent. Cette variabilité est parfaitement normale et explique les différences entre frères.

Conclusion

La calvitie est bien héréditaire, avec une composante génétique estimée à 80-90%. Cependant, la transmission est plus complexe que le mythe du “grand-père maternel” le suggère. De nombreux gènes sont impliqués, situés sur différents chromosomes, et hérités des deux parents.

Observer l’ensemble de votre famille, côtés maternel et paternel, donne une meilleure indication de votre risque que de regarder uniquement votre grand-père maternel. Mais même avec des antécédents forts, la calvitie n’est pas une fatalité : des traitements efficaces permettent de stabiliser et parfois d’inverser la perte de cheveux lorsqu’ils sont débutés précocement.

Si vous êtes concerné par votre hérédité capillaire, consultez un dermatologue pour une évaluation personnalisée et discuter des options préventives ou thérapeutiques.

Avertissement médical : Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre éducatif. Consultez un dermatologue pour un diagnostic et des recommandations personnalisés adaptés à votre situation.

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