DHT et Cheveux : L'Hormone Responsable de la Calvitie
La DHT (dihydrotestostérone) est l'hormone principale responsable de la calvitie masculine. Découvrez son rôle et comment la bloquer efficacement.
Mis à jour le 27 janvier 2026

La DHT, ou dihydrotestostérone, est l’hormone centrale dans le processus de calvitie masculine et de nombreux cas de perte de cheveux féminine. Cette hormone dérivée de la testostérone agit directement sur les follicules pileux génétiquement sensibles, provoquant leur miniaturisation progressive jusqu’à leur disparition. Comprendre le rôle de la DHT est essentiel pour appréhender les mécanismes de l’alopécie androgénétique et les traitements disponibles pour la combattre.
Dans ce guide complet, nous explorons en détail ce qu’est la DHT, comment elle se forme, pourquoi elle affecte certains follicules et pas d’autres, et surtout quelles sont les stratégies efficaces pour bloquer son action néfaste sur les cheveux.
Qu’est-ce que la DHT exactement ?
La dihydrotestostérone est une hormone androgène, c’est-à-dire une hormone masculine, bien qu’elle soit présente aussi chez les femmes en quantités moindres. Elle appartient à la famille des hormones stéroïdes et joue des rôles physiologiques importants dans l’organisme, au-delà de son effet sur les cheveux.
Formation de la DHT à partir de la testostérone
La DHT n’est pas produite directement par les glandes endocrines. Elle résulte de la conversion de la testostérone sous l’action d’une enzyme appelée 5-alpha-réductase. Cette conversion se produit principalement dans certains tissus cibles : la prostate, la peau, les follicules pileux et le foie.
Selon les études du NCBI, environ 5 à 10% de la testostérone circulante est convertie en DHT. Bien que cette proportion semble faible, la DHT est une hormone 2 à 3 fois plus puissante que la testostérone dans sa capacité à se lier aux récepteurs aux androgènes.
Il existe deux types de 5-alpha-réductase :
- Type 1 : présent principalement dans la peau et le cuir chevelu
- Type 2 : prédominant dans la prostate et les follicules pileux
Le finastéride, traitement de référence contre la calvitie, inhibe spécifiquement la 5-alpha-réductase de type 2, réduisant ainsi la production de DHT d’environ 70%.
Rôles physiologiques de la DHT
Avant de considérer la DHT uniquement comme l’ennemie de vos cheveux, il est important de comprendre ses fonctions légitimes dans l’organisme. La DHT joue un rôle essentiel dans :
- Le développement masculin : différenciation des organes génitaux pendant la vie fœtale
- La puberté masculine : développement de la pilosité faciale et corporelle
- La fonction prostatique : croissance et maintien de la prostate
- La libido : contribution au désir sexuel
Ces fonctions expliquent pourquoi les traitements anti-DHT peuvent parfois avoir des effets secondaires, notamment sur la fonction sexuelle.
Pourquoi la DHT provoque-t-elle la chute des cheveux ?
Le paradoxe de la DHT est fascinant : cette hormone favorise la croissance des poils de barbe et du corps, mais provoque la chute des cheveux du cuir chevelu. Cette différence s’explique par la sensibilité variable des follicules pileux selon leur localisation.
Le mécanisme de miniaturisation folliculaire

Lorsque la DHT se fixe sur les récepteurs aux androgènes des follicules pileux sensibles, elle déclenche une cascade d’événements cellulaires qui raccourcit la phase de croissance du cheveu (phase anagène) et prolonge la phase de repos. Selon les recherches publiées dans PubMed, ce processus appelé miniaturisation se déroule progressivement :
- Le cycle de croissance du cheveu se raccourcit
- Le follicule produit un cheveu plus fin et plus court
- À chaque cycle successif, le cheveu s’affine davantage
- Finalement, le follicule ne produit plus qu’un duvet invisible (vellus)
- Le follicule peut éventuellement s’atrophier complètement
Ce processus est généralement irréversible une fois avancé, d’où l’importance d’intervenir précocement lors d’un début de calvitie.
Pourquoi certains follicules sont-ils sensibles et d’autres non ?
La sensibilité des follicules à la DHT est déterminée génétiquement. Les follicules situés sur les tempes et le vertex (sommet du crâne) possèdent des récepteurs aux androgènes plus nombreux et plus sensibles que ceux de la couronne occipitale (arrière et côtés de la tête).
Cette distribution explique le schéma caractéristique de la calvitie masculine :
- Les tempes et le front se dégarnissent en premier (golfes temporaux)
- Le vertex s’éclaircit progressivement (calvitie moine)
- La couronne occipitale reste généralement préservée
C’est précisément parce que les follicules occipitaux sont résistants à la DHT qu’ils sont utilisés comme zone donneuse lors des greffes de cheveux. Une fois transplantés, ils conservent leur résistance génétique et continuent de produire des cheveux normalement.
Taux de DHT et calvitie : quel lien ?
Contrairement à une idée répandue, les hommes chauves n’ont pas nécessairement des taux de DHT plus élevés que les hommes avec une chevelure fournie. Le facteur déterminant est la sensibilité des follicules à la DHT, non la quantité totale d’hormone circulante.
Variation individuelle de la sensibilité
Deux hommes ayant exactement le même taux de DHT peuvent avoir des chevelures très différentes si leurs follicules présentent des sensibilités différentes. Cette sensibilité est héréditaire et explique pourquoi la calvitie touche des familles entières tout en épargnant d’autres.
La recherche a identifié plusieurs gènes impliqués dans cette sensibilité, notamment le gène du récepteur aux androgènes situé sur le chromosome X (hérité de la mère). Cependant, d’autres gènes sur les chromosomes autosomes contribuent également, ce qui explique que la calvitie puisse être transmise par les deux parents.
DHT chez la femme et alopécie féminine
Les femmes produisent également de la DHT, bien qu’en quantités nettement inférieures aux hommes. Chez certaines femmes génétiquement prédisposées, cette DHT peut néanmoins provoquer une alopécie androgénétique, généralement sous forme d’éclaircissement diffus centré sur la raie médiane plutôt que de calvitie frontale.
Les conditions qui augmentent les androgènes chez la femme (syndrome des ovaires polykystiques, tumeurs surrénaliennes) peuvent aggraver cette forme d’alopécie. Un bilan hormonal est souvent recommandé avant tout traitement.
Comment bloquer la DHT efficacement ?
Plusieurs stratégies permettent de réduire l’impact de la DHT sur les cheveux, avec des niveaux d’efficacité variables.
Traitements médicamenteux
Le finastéride (Propecia)
Le finastéride est le traitement oral de référence pour bloquer la DHT. Ce médicament inhibe l’enzyme 5-alpha-réductase de type 2, réduisant les taux de DHT d’environ 70% sans affecter significativement les taux de testostérone.
L’efficacité du finastéride est bien documentée par de nombreuses études cliniques :
- Arrêt de la progression de la calvitie chez 86% des patients
- Repousse significative chez 65% des patients
- Résultats optimaux après 12 à 24 mois de traitement

Le dutastéride
Le dutastéride inhibe les deux types de 5-alpha-réductase, réduisant les taux de DHT de plus de 90%. Bien que potentiellement plus efficace, il n’est pas officiellement approuvé pour le traitement de la calvitie dans de nombreux pays et présente un profil d’effets secondaires plus marqué.
Bloqueurs de DHT topiques
Des formulations topiques permettent de cibler directement le cuir chevelu :
- Finastéride topique : réduction locale de la DHT avec moins d’absorption systémique
- Kétoconazole : shampoing antifongique ayant une faible action anti-androgénique
- Saw Palmetto (Serenoa repens) : extrait végétal aux propriétés inhibitrices modestes
L’efficacité des bloqueurs de DHT topiques est généralement inférieure à celle des traitements oraux, mais ils peuvent convenir aux personnes souhaitant éviter les effets systémiques.
Approches naturelles
Certains composés naturels sont réputés avoir une action anti-DHT, bien que les preuves scientifiques soient souvent limitées :
- Huile de graines de courge : études préliminaires encourageantes
- Thé vert (EGCG) : activité anti-androgénique in vitro
- Réglisse (acide glycyrrhizique) : effet anti-androgénique modeste
Ces approches peuvent compléter un traitement conventionnel mais ne doivent pas le remplacer en cas de calvitie avérée.
DHT et lien avec la testostérone
Une question fréquente concerne la relation entre testostérone, DHT et calvitie. Éclaircissons ce point souvent mal compris.
Pourquoi la testostérone se transforme en DHT ?
Cette conversion est un processus physiologique normal qui se produit continuellement dans l’organisme. L’enzyme 5-alpha-réductase est naturellement présente dans plusieurs tissus et convertit une fraction de la testostérone circulante en DHT.
Cette transformation n’est pas pathologique en soi. La DHT remplit des fonctions importantes et n’est problématique que pour les follicules pileux génétiquement sensibles. Un homme peut avoir des taux de testostérone élevés et une chevelure fournie si ses follicules ne sont pas sensibles à la DHT.
Musculation, testostérone et calvitie
Contrairement à certaines croyances, la musculation et l’exercice physique n’accélèrent pas significativement la calvitie. Bien que l’exercice puisse légèrement augmenter les taux de testostérone, cette augmentation est généralement modeste et transitoire.
En revanche, l’utilisation de stéroïdes anabolisants augmente considérablement les androgènes circulants et peut accélérer dramatiquement la calvitie chez les personnes prédisposées.
Questions fréquentes sur la DHT
La DHT peut-elle être complètement éliminée ?
Non, et ce ne serait pas souhaitable. La DHT joue des rôles physiologiques importants. Les traitements visent à réduire son action sur les follicules pileux, pas à l’éliminer totalement. Le finastéride réduit la DHT d’environ 70%, ce qui suffit généralement à protéger les cheveux tout en préservant les autres fonctions de l’hormone.
À quel âge la DHT commence-t-elle à affecter les cheveux ?
Chez les hommes génétiquement prédisposés, les effets de la DHT peuvent commencer dès la fin de l’adolescence, vers 18-20 ans. Cependant, la calvitie devient généralement visible entre 25 et 35 ans. La précocité du début est souvent corrélée à la sévérité ultérieure de la calvitie.
Les femmes doivent-elles s’inquiéter de la DHT ?
Les femmes produisent de la DHT en quantités plus faibles et leurs follicules sont généralement moins sensibles. Cependant, certaines femmes développent une alopécie androgénétique, surtout après la ménopause lorsque les œstrogènes protecteurs diminuent. Un bilan hormonal peut identifier un excès d’androgènes nécessitant un traitement spécifique.
Le blocage de la DHT est-il définitif ?
Non, l’effet des traitements anti-DHT est réversible. L’arrêt du finastéride entraîne une remontée des taux de DHT à leur niveau antérieur dans les semaines suivantes, et la calvitie reprend sa progression. Le traitement doit donc être maintenu à long terme pour conserver les bénéfices.
Les effets secondaires du blocage de la DHT sont-ils fréquents ?
Les effets secondaires du finastéride (troubles sexuels, gynécomastie) touchent environ 2% des patients selon les études cliniques. Ils sont généralement réversibles à l’arrêt du traitement. Selon l’American Hair Loss Association, la grande majorité des utilisateurs tolèrent bien le traitement.
Conclusion
La DHT est le facteur hormonal central de l’alopécie androgénétique. Comprendre son mode d’action permet de mieux appréhender pourquoi certains traitements fonctionnent et d’autres non. La calvitie n’est pas une fatalité : en bloquant efficacement la DHT avec des traitements comme le finastéride, il est possible de stopper la progression de la perte de cheveux et même d’obtenir une repousse significative.
L’efficacité du traitement dépend largement de sa précocité. Plus l’intervention est précoce dans le processus de miniaturisation, meilleurs sont les résultats. Si vous constatez les premiers signes de calvitie, consultez un dermatologue pour un diagnostic précis et discutez des options de traitement anti-DHT adaptées à votre situation.
Avertissement médical : Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas une consultation médicale. Le finastéride et les autres traitements anti-DHT nécessitent une prescription médicale et un suivi approprié.
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