Bloqueurs DHT : Médicaments, Naturels et Shampoings...
Les bloqueurs de DHT combattent la calvitie. Découvrez le finastéride, les anti-DHT naturels (saw palmetto), les shampoings anti-DHT et leur efficacité...
Mis à jour le 27 janvier 2026

Les bloqueurs de DHT (dihydrotestostérone) sont au cœur du traitement moderne de la calvitie androgénétique. La DHT est l’hormone responsable de la miniaturisation progressive des follicules pileux chez les personnes génétiquement prédisposées. En bloquant soit la production de DHT, soit son action sur les follicules, ces traitements peuvent ralentir, stopper voire inverser la perte de cheveux.
Ce guide complet explore les différents types de bloqueurs DHT : médicaments prouvés (finastéride, dutastéride), alternatives naturelles (saw palmetto, zinc), shampoings anti-DHT et leur efficacité respective basée sur les preuves scientifiques.
Comprendre la DHT et la calvitie
Avant d’explorer les bloqueurs, il faut comprendre le rôle de la DHT.
Qu’est-ce que la DHT ?
La dihydrotestostérone est un androgène puissant dérivé de la testostérone.
La DHT est produite à partir de la testostérone par l’enzyme 5-alpha-réductase. Elle est 2 à 3 fois plus puissante que la testostérone elle-même. Chez l’homme, la DHT joue un rôle important dans le développement de la prostate, de la pilosité corporelle et de la voix grave. Cependant, chez les personnes prédisposées génétiquement, elle miniaturise les follicules du cuir chevelu.
Mécanisme de la calvitie androgénétique
La DHT agit sur les follicules sensibles selon un processus bien compris.
Selon le NCBI, la DHT se lie aux récepteurs aux androgènes dans les follicules pileux du front et du vertex. Cette liaison active des gènes qui raccourcissent la phase de croissance (anagène) du cheveu. À chaque cycle, le cheveu produit devient plus fin et plus court (miniaturisation). Après de nombreux cycles, le follicule ne produit plus qu’un duvet invisible.
Pourquoi bloquer la DHT ?
Réduire la DHT permet de préserver les follicules sensibles.
En diminuant la production de DHT ou en bloquant son action, les follicules encore actifs peuvent se maintenir. Certains follicules miniaturisés mais non morts peuvent même se régénérer partiellement. Les cheveux deviennent plus épais et la densité peut s’améliorer. C’est le principe de base de tous les traitements anti-DHT.
Bloqueurs DHT médicamenteux
Les traitements pharmaceutiques sont les plus puissants et les mieux étudiés.
Finastéride (Propecia)
C’est le bloqueur DHT de référence, approuvé depuis 1997.
Le finastéride inhibe spécifiquement la 5-alpha-réductase de type II. Il réduit la DHT circulante d’environ 70% à la dose de 1 mg par jour. Selon l’American Academy of Dermatology, environ 80-90% des hommes voient leur calvitie stabilisée et 60-66% observent une repousse après deux ans. L’efficacité maximale apparaît après 12 à 24 mois de traitement continu.
Effets secondaires : troubles sexuels chez 2-4% des utilisateurs (baisse de libido, troubles érectiles), rarement persistants après l’arrêt. Contre-indiqué chez les femmes enceintes ou susceptibles de l’être (risque tératogène).
Dutastéride (Avodart)
Un bloqueur DHT encore plus puissant que le finastéride.
Le dutastéride inhibe les deux isoformes de la 5-alpha-réductase (types I et II). Il réduit la DHT de 90-95% contre 70% pour le finastéride. Certaines études montrent une efficacité supérieure sur la repousse capillaire. Il n’est pas officiellement approuvé pour la calvitie dans tous les pays mais est utilisé hors AMM. La dose utilisée est généralement 0,5 mg par jour.
Effets secondaires : similaires au finastéride mais potentiellement légèrement plus fréquents. Demi-vie plus longue (5 semaines vs 6 heures pour le finastéride).
Spironolactone (pour les femmes)
Un anti-androgène utilisé chez les femmes.
La spironolactone bloque les récepteurs aux androgènes plutôt que la production de DHT. Elle est utilisée hors AMM pour la calvitie féminine, notamment dans le syndrome des ovaires polykystiques. Les doses varient de 50 à 200 mg par jour. L’efficacité est modérée et les résultats apparaissent après 6 à 12 mois.
Effets secondaires : irrégularités menstruelles, sensibilité mammaire, fatigue, hypotension. Contre-indiquée pendant la grossesse.

Bloqueurs DHT naturels
Plusieurs substances naturelles montrent une activité anti-DHT, bien que généralement plus faible.
Saw palmetto (palmier nain)
C’est le bloqueur DHT naturel le plus étudié.
Le saw palmetto (Serenoa repens) inhibe la 5-alpha-réductase de manière similaire mais bien moins puissante que le finastéride. Selon une étude publiée, certains essais cliniques montrent une efficacité modeste sur la calvitie. Une méta-analyse suggère une amélioration de 60% par rapport au placebo. La dose typique est de 320 mg d’extrait normalisé par jour.
Efficacité réelle : bien inférieure au finastéride. Peut convenir aux personnes recherchant une approche naturelle avec attentes modérées.
Pépins de courge
L’huile de pépins de courge contient des composés anti-androgènes.
Quelques petites études montrent des résultats prometteurs sur la densité capillaire. Une étude coréenne a montré une augmentation de 40% du nombre de cheveux après 24 semaines (400 mg/jour). Les mécanismes incluent l’inhibition de la 5-alpha-réductase et des propriétés anti-inflammatoires. Les données restent limitées et des études plus larges sont nécessaires.
Reishi (champignon)
Le Ganoderma lucidum (reishi) a montré une activité anti-5-alpha-réductase in vitro.
Les études animales suggèrent une réduction de la DHT. Chez l’humain, les preuves sont anecdotiques et non scientifiques. Il peut être essayé en complément mais ne doit pas remplacer les traitements prouvés.
Thé vert (EGCG)
Les catéchines du thé vert, notamment l’EGCG, ont une activité anti-DHT modeste.
Des études in vitro montrent une inhibition de la 5-alpha-réductase. L’application topique ou la consommation orale de thé vert peut apporter un bénéfice marginal. L’effet est trop faible pour être un traitement unique mais peut compléter d’autres approches.
Zinc
Le zinc inhibe modestement la 5-alpha-réductase.
Une supplémentation en zinc (25-50 mg/jour) peut légèrement réduire la DHT. L’effet est faible comparé aux médicaments mais le zinc a d’autres bénéfices pour les cheveux. Il ne doit pas être considéré comme un bloqueur DHT puissant.
Ortie (racine)
L’extrait de racine d’ortie est traditionnellement utilisé pour la santé prostatique et capillaire.
Quelques études in vitro montrent une inhibition de la 5-alpha-réductase. Les preuves cliniques chez l’humain pour la calvitie sont insuffisantes. Elle est souvent combinée au saw palmetto dans les compléments.
Shampoings anti-DHT
Les shampoings prétendant bloquer la DHT sont très populaires mais leur efficacité est discutable.
Kétoconazole
C’est le seul ingrédient de shampoing avec des données scientifiques pour la calvitie.
Le kétoconazole est un antifongique qui possède également des propriétés anti-androgènes. Une étude a montré qu’un shampoing à 2% de kétoconazole améliorait la densité capillaire. Le mécanisme exact n’est pas clair mais inclurait une réduction locale de la DHT. Il est utilisé 2 à 3 fois par semaine en laissant poser 3 à 5 minutes. Les shampoings à 1% sont disponibles sans ordonnance (Nizoral).
Efficacité : modeste en monothérapie, intéressant en complément du finastéride et minoxidil.
Caféine
La caféine topique stimulerait la croissance capillaire et bloquerait la DHT localement.
Quelques études in vitro suggèrent que la caféine antagonise les effets de la testostérone sur les follicules. Une étude clinique a montré des résultats positifs avec un shampoing à la caféine. Cependant, l’effet est très modeste et le temps de contact court (shampooing) limite la pénétration. L’efficacité comme bloqueur DHT reste douteuse.
Saw palmetto topique
Certains shampoings contiennent du saw palmetto.
L’absorption à travers le cuir chevelu est probablement minimale. Le temps de contact est trop court pour un effet significatif. Il n’existe pas d’études cliniques solides sur les shampoings au saw palmetto. L’effet est probablement placebo ou négligeable.
Autres ingrédients
Biotine, zinc pyrithione, huiles essentielles diverses sont souvent inclus.
Ces ingrédients peuvent améliorer la santé du cuir chevelu ou l’apparence des cheveux. Aucun n’a d’effet bloqueur DHT prouvé. Ils ne remplacent pas les traitements systémiques.
Verdict sur les shampoings
Les shampoings ne peuvent pas être des bloqueurs DHT efficaces.
Le temps de contact est trop court (quelques minutes). La pénétration cutanée est limitée. La DHT est produite dans tout l’organisme, pas seulement localement. Le kétoconazole peut apporter un bénéfice marginal en complément. Les autres shampoings “anti-DHT” relèvent principalement du marketing.

Bloqueurs DHT pour femmes
Les femmes ont des options plus limitées mais spécifiques.
Spironolactone
C’est le traitement anti-androgène de choix chez les femmes.
Utilisé en doses de 50 à 200 mg par jour selon la réponse. Efficace surtout dans le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Nécessite une contraception rigoureuse pendant le traitement. Les résultats apparaissent après 6 à 12 mois.
Finastéride (utilisation controversée)
Le finastéride est contre-indiqué chez les femmes en âge de procréer.
Le risque tératogène (malformations fœtales masculines) est majeur. Certains dermatologues le prescrivent aux femmes ménopausées. Les données d’efficacité chez la femme sont limitées et contradictoires. Il reste un traitement hors AMM et controversé.
Bloqueurs naturels
Les femmes peuvent essayer les alternatives naturelles.
Saw palmetto, pépins de courge et autres suppléments peuvent être tentés. L’efficacité reste modeste et non garantie. Ils présentent l’avantage d’être sans danger pendant la grossesse (mais efficacité douteuse).
Contraceptifs anti-androgènes
Certaines pilules contraceptives ont un effet anti-androgène.
Les pilules contenant de la drospirénone, du chlormadinone ou de l’acétate de cyprotérone réduisent les effets des androgènes. Elles peuvent améliorer modestement la calvitie féminine. L’effet est plus préventif que curatif.
Efficacité comparée des bloqueurs DHT
Tous les bloqueurs DHT ne se valent pas.
Classement par puissance
Voici un classement approximatif de l’efficacité.
Très efficace : dutastéride (réduction DHT 90-95%), finastéride (réduction DHT 70%).
Modérément efficace : spironolactone (pour les femmes uniquement), kétoconazole topique (effet local modeste).
Faiblement efficace : saw palmetto (réduction DHT 30-40% au mieux), pépins de courge (données limitées), zinc (effet minimal), thé vert (effet minimal).
Inefficace ou non prouvé : la plupart des shampoings “anti-DHT”, suppléments “miracles”, huiles essentielles.
Preuves scientifiques
La force des preuves varie considérablement.
Le finastéride et le dutastéride ont de nombreux essais cliniques randomisés contrôlés. Le saw palmetto a quelques petites études avec résultats mixtes. Les autres alternatives naturelles manquent d’études de qualité. Les shampoings (sauf kétoconazole) n’ont généralement pas d’études sérieuses.
Recommandations pratiques
Basez vos choix sur les preuves, pas le marketing.
Pour un effet maximal, le finastéride ou dutastéride sont nécessaires. Les alternatives naturelles peuvent compléter mais pas remplacer les médicaments. Les shampoings anti-DHT sont au mieux des compléments mineurs. Méfiez-vous des produits promettant des résultats “naturels et puissants”.
Combiner les bloqueurs DHT
Certaines combinaisons potentialisent les effets.
Finastéride + Minoxidil
C’est la combinaison la plus étudiée et efficace.
Le finastéride bloque la DHT (action hormonale). Le minoxidil stimule directement la croissance (action locale). Les mécanismes complémentaires donnent de meilleurs résultats que chaque traitement seul. C’est le protocole standard de traitement optimal de la calvitie.
Finastéride + Kétoconazole
L’ajout du kétoconazole peut apporter un bénéfice marginal.
Utiliser un shampoing au kétoconazole 2% deux à trois fois par semaine. L’effet anti-androgène local peut compléter l’action systémique du finastéride. Le bénéfice ajouté est modeste mais le kétoconazole est sûr.
Médicament + Suppléments naturels
Combiner finastéride et saw palmetto n’apporte probablement rien.
Le saw palmetto est trop faible pour ajouter un effet significatif au finastéride. L’argent est mieux investi dans le minoxidil comme second traitement. Les suppléments comme le zinc peuvent être ajoutés pour leur bénéfice nutritionnel général.
Ce qu’il ne faut PAS combiner
Certaines combinaisons sont inutiles ou dangereuses.
Finastéride + dutastéride ensemble est inutile et augmente les effets secondaires. Multiplier les suppléments “anti-DHT” naturels sans base scientifique est un gaspillage d’argent. Des doses excessives de zinc (>40 mg/jour) peuvent créer des déséquilibres minéraux.
Questions fréquentes
Les bloqueurs DHT naturels peuvent-ils remplacer le finastéride ?
Non, l’efficacité des bloqueurs naturels (saw palmetto, pépins de courge, etc.) est bien inférieure au finastéride. Ils peuvent réduire la DHT de 30-40% au mieux contre 70% pour le finastéride. Si vous recherchez un résultat significatif, les médicaments prouvés restent nécessaires. Les alternatives naturelles conviennent aux personnes recherchant une approche douce avec des attentes modérées.
Les shampoings anti-DHT sont-ils efficaces ?
La plupart des shampoings “anti-DHT” sont inefficaces car le temps de contact est trop court et la pénétration insuffisante. Le seul shampoing avec des données scientifiques est le kétoconazole à 2%, qui a une modeste activité anti-androgène locale. Il peut compléter mais jamais remplacer un traitement systémique comme le finastéride.
Peut-on bloquer la DHT uniquement sur le cuir chevelu ?
Non, la DHT est produite dans tout l’organisme et circule dans le sang. Les traitements systémiques (finastéride, dutastéride) réduisent la DHT globalement. Les traitements topiques ne peuvent avoir qu’un effet local très limité. C’est pourquoi les shampoings et lotions “anti-DHT” ont une efficacité douteuse.
Bloquer la DHT est-il dangereux pour la santé ?
Aux doses utilisées pour la calvitie, les bloqueurs DHT sont généralement sûrs. Le finastéride 1 mg a un profil d’effets secondaires acceptable (2-4% d’effets sexuels). La DHT a un rôle dans la prostate mais le blocage partiel aux doses capillaires ne pose généralement pas de problème. Un suivi médical reste recommandé pour détecter tout effet indésirable.
Combien de temps faut-il bloquer la DHT pour voir des résultats ?
Avec le finastéride, la stabilisation de la chute apparaît généralement en 3 à 6 mois. La repousse visible prend 6 à 12 mois. L’effet maximal est atteint après 12 à 24 mois de traitement continu. Avec les alternatives naturelles, si un effet existe, il faut également compter 6 à 12 mois minimum. La patience est essentielle.
Conclusion
Les bloqueurs de DHT sont essentiels dans le traitement de la calvitie androgénétique. Le finastéride et le dutastéride restent les options les plus puissantes et les mieux étudiées, avec des preuves solides d’efficacité. Les alternatives naturelles comme le saw palmetto peuvent apporter un bénéfice modeste mais ne rivalisent pas avec les médicaments approuvés.
Les shampoings “anti-DHT” relèvent principalement du marketing, à l’exception du kétoconazole qui peut apporter un complément marginal. Pour des résultats significatifs sur la calvitie, un traitement systémique bloquant efficacement la DHT reste nécessaire. Consultez un dermatologue pour déterminer l’approche la plus adaptée à votre situation et vos objectifs.
Avertissement médical : Les bloqueurs de DHT médicamenteux nécessitent une prescription et un suivi médical. Le finastéride est contre-indiqué chez les femmes enceintes ou susceptibles de l’être. Ne vous auto-médicamentez pas et consultez un dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté à votre situation.
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