Pilosité Excessive chez la Femme : Causes, Traitements...
La pilosité excessive féminine (hirsutisme) touche 10% des femmes. Découvrez les causes hormonales, les traitements efficaces et comment gérer cette...
Mis à jour le 27 janvier 2026

La pilosité excessive chez la femme, médicalement appelée hirsutisme, désigne la présence de poils terminaux (épais et foncés) dans des zones typiquement masculines : visage (menton, lèvre supérieure), poitrine, dos, abdomen. Cette condition, qui touche 5 à 10% des femmes en âge de procréer, peut avoir un impact psychologique significatif tout en révélant parfois un déséquilibre hormonal sous-jacent nécessitant une prise en charge médicale.
Ce guide complet vous explique les causes de l’hirsutisme, comment le distinguer d’une pilosité normale, les examens nécessaires et les solutions disponibles pour gérer cette condition.
Comprendre la pilosité féminine normale
Avant de parler de pilosité excessive, il faut comprendre ce qui est normal.
Les types de poils
Le corps humain possède deux types principaux de poils.
Le duvet (poils vellus) est constitué de poils fins, courts et peu pigmentés qui couvrent la majeure partie du corps. Les poils terminaux sont épais, longs et pigmentés, présents naturellement sur le cuir chevelu, les sourcils et après la puberté dans les zones pubienne et axillaire. Chez les femmes, la transformation de duvet en poils terminaux dans certaines zones définit l’hirsutisme.
La pilosité féminine typique
Les femmes ont naturellement des poils sur tout le corps, mais de type duvet.
Selon le NCBI, les femmes ont naturellement du duvet sur le visage, le dos, l’abdomen et les membres. Certaines femmes, notamment d’origine méditerranéenne ou moyen-orientale, ont naturellement une pilosité plus visible. Cette pilosité ethnique normale ne constitue pas un hirsutisme si elle reste dans les limites physiologiques.
L’échelle de Ferriman-Gallwey
Les médecins utilisent une échelle standardisée pour évaluer l’hirsutisme.
L’échelle de Ferriman-Gallwey évalue neuf zones du corps (lèvre supérieure, menton, poitrine, haut du dos, bas du dos, haut de l’abdomen, bas de l’abdomen, bras, cuisses). Chaque zone reçoit un score de 0 (absence de poils terminaux) à 4 (pilosité très dense). Un score total supérieur à 8 définit l’hirsutisme chez les femmes caucasiennes. Le seuil est ajusté selon l’origine ethnique.
Qu’est-ce que l’hirsutisme ?
L’hirsutisme est une condition médicale précise à distinguer de l’hypertrichose.
Définition médicale
L’hirsutisme désigne spécifiquement la pilosité de type masculin chez la femme.
Les poils terminaux apparaissent dans des zones androgéno-dépendantes normalement glabres chez la femme. Les zones typiquement affectées sont le visage (menton, lèvre supérieure, joues), le thorax (entre les seins, autour des mamelons), le dos et le bas de l’abdomen (ligne médiane jusqu’au pubis). Cette condition est causée par une stimulation excessive des follicules pileux par les androgènes.
Hirsutisme vs hypertrichose
Ces deux termes sont souvent confondus mais désignent des conditions différentes.
L’hirsutisme concerne uniquement les zones androgéno-dépendantes et est lié aux hormones masculines. L’hypertrichose désigne une pilosité excessive généralisée, y compris dans les zones non androgéno-dépendantes, souvent d’origine génétique ou médicamenteuse. L’hypertrichose peut affecter les hommes comme les femmes, tandis que l’hirsutisme est spécifiquement féminin.
Impact psychologique
La pilosité excessive peut profondément affecter la qualité de vie.
Les études montrent que l’hirsutisme est associé à une baisse de l’estime de soi, de l’anxiété et parfois une dépression. L’impact social et relationnel peut être significatif, avec évitement de situations sociales. Le temps consacré à l’épilation quotidienne peut devenir envahissant. Le soutien psychologique fait partie intégrante de la prise en charge.

Causes de l’hirsutisme
Plusieurs facteurs peuvent être responsables d’une pilosité excessive féminine.
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
C’est la cause la plus fréquente d’hirsutisme.
Selon la Mayo Clinic, le SOPK représente 70 à 80% des cas d’hirsutisme. Ce syndrome se caractérise par une production excessive d’androgènes par les ovaires. Les symptômes associés incluent des cycles menstruels irréguliers, de l’acné, une prise de poids et parfois une infertilité. Le SOPK est souvent associé à une résistance à l’insuline.
L’hirsutisme idiopathique
Dans 10 à 20% des cas, aucune cause hormonale n’est identifiée.
Les femmes avec hirsutisme idiopathique ont des taux d’androgènes circulants normaux. Leurs follicules pileux sont simplement plus sensibles aux androgènes normalement présents. Le cycle menstruel est régulier et l’ovulation normale. Cette forme est souvent familiale avec une composante génétique.
Les troubles surrénaliens
Les glandes surrénales peuvent produire un excès d’androgènes.
L’hyperplasie congénitale des surrénales (forme non classique) est une cause rare mais importante. Les tumeurs surrénaliennes sécrétant des androgènes sont exceptionnelles mais graves. Le syndrome de Cushing s’accompagne parfois d’hirsutisme. Un bilan endocrinien approfondi peut identifier ces causes.
Les tumeurs ovariennes
Certaines tumeurs ovariennes sécrètent des androgènes.
Ces tumeurs sont rares mais doivent être exclues, surtout si l’hirsutisme apparaît brutalement. Les symptômes associés incluent une virilisation (voix grave, hypertrophie clitoridienne, masse musculaire augmentée). L’échographie pelvienne et le dosage hormonal permettent le diagnostic. Le traitement chirurgical est curatif.
Les médicaments
Certains traitements peuvent induire un hirsutisme.
Les androgènes et stéroïdes anabolisants provoquent directement l’hirsutisme. La phénytoïne, le minoxidil et les corticostéroïdes peuvent favoriser la pilosité. Les progestatifs androgéniques dans certaines contraceptions peuvent aggraver l’hirsutisme. Le danazol et la cyclosporine sont également impliqués.
Les causes liées à l’âge
La ménopause peut révéler une pilosité faciale.
Les “poils menton femme 50 ans” sont fréquents après la ménopause. La baisse des œstrogènes sans diminution proportionnelle des androgènes crée un déséquilibre relatif. Cette pilosité post-ménopausique est généralement modérée et localisée au menton et à la lèvre supérieure.
Diagnostic de l’hirsutisme
Une évaluation médicale appropriée est essentielle pour identifier la cause.
Consultation médicale
Le médecin évaluera plusieurs aspects de votre condition.
L’histoire clinique détaillée inclut l’âge d’apparition, la rapidité d’évolution et les antécédents familiaux. L’examen physique évalue le score de Ferriman-Gallwey et recherche des signes de virilisation. Les antécédents gynécologiques (cycles menstruels, fertilité) orientent le diagnostic. Les médicaments actuels et passés sont recensés.
Examens hormonaux
Des dosages sanguins explorent l’origine hormonale.
La testostérone totale et libre sont systématiquement mesurées. La DHEA-S (déhydroépiandrostérone sulfate) explore la fonction surrénalienne. La 17-hydroxyprogestérone dépiste l’hyperplasie congénitale des surrénales. La LH et FSH aident au diagnostic de SOPK. Le dosage est réalisé en début de cycle menstruel pour les femmes non ménopausées.
Examens d’imagerie
Des examens complémentaires peuvent être nécessaires.
L’échographie pelvienne recherche des ovaires polykystiques ou une tumeur ovarienne. Le scanner ou IRM des surrénales est indiqué si la DHEA-S est très élevée. Ces examens sont surtout prescrits en cas d’anomalies hormonales importantes ou de signes de virilisation.
Quand consulter en urgence
Certains signes imposent une consultation rapide.
Une apparition brutale et rapide de l’hirsutisme en quelques mois est alarmante. Les signes de virilisation (voix grave, calvitie masculine, hypertrophie clitoridienne) suggèrent une tumeur. Ces situations rares nécessitent une prise en charge endocrinologique urgente.
Traitements médicaux de l’hirsutisme
Plusieurs options thérapeutiques existent selon la cause identifiée.
Les anti-androgènes
Ce sont les traitements médicamenteux de première ligne.
L’acétate de cyprotérone bloque les récepteurs aux androgènes et est très efficace sur l’hirsutisme. La spironolactone est un diurétique ayant un effet anti-androgène utilisé hors AMM. Le finastéride bloque la conversion de testostérone en DHT, l’androgène le plus puissant. Ces traitements demandent six à douze mois pour montrer leur pleine efficacité.
La contraception œstroprogestative
La pilule contraceptive est souvent le premier traitement proposé.
Les œstrogènes augmentent la SHBG (protéine de transport des androgènes), réduisant ainsi les androgènes libres actifs. Les progestatifs non androgéniques (drospirénone, acétate de cyprotérone) complètent l’effet. Cette option convient particulièrement aux femmes avec SOPK souhaitant une contraception. L’amélioration de l’hirsutisme apparaît après six mois de traitement.
Le traitement du SOPK
Lorsque l’hirsutisme est lié au SOPK, une approche globale est nécessaire.
La perte de poids (si surpoids) améliore significativement l’équilibre hormonal. La metformine, médicament antidiabétique, réduit la résistance à l’insuline et les androgènes. La combinaison contraception + anti-androgène est souvent la plus efficace. Le suivi diététique et l’activité physique font partie intégrante du traitement.
La crème à l’éflornithine
Un traitement topique spécifique existe pour le visage.
L’éflornithine (Vaniqa®) est une crème ralentissant la pousse des poils du visage. Elle inhibe une enzyme nécessaire à la croissance du poil. L’amélioration est visible après deux mois d’application biquotidienne. Ce traitement ne supprime pas les poils existants mais ralentit leur repousse. Il doit être poursuivi en continu pour maintenir l’effet.

Solutions d’épilation définitive
Les méthodes physiques complètent les traitements médicaux.
L’épilation laser
Le laser est le traitement de référence pour une réduction durable.
Le laser détruit sélectivement le follicule pileux par photolyse ciblée. Il est plus efficace sur les poils foncés et peaux claires (contraste important). Six à huit séances espacées de quatre à huit semaines sont généralement nécessaires. Le traitement médical hormonal doit être maintenu car le laser ne traite pas la cause. Les poils fins et clairs ne répondent pas au laser.
L’électrolyse
Cette technique convient à tous les types de poils et toutes les peaux.
L’électrolyse détruit le follicule par un courant électrique appliqué avec une aiguille fine. Elle est efficace même sur les poils clairs et le duvet. Le processus est long et fastidieux car chaque poil est traité individuellement. C’est la seule méthode réellement définitive approuvée par la FDA. Le coût et le temps nécessaires sont les principaux inconvénients.
La lumière pulsée intense (IPL)
L’IPL est une alternative au laser, souvent moins coûteuse.
Le principe est similaire au laser mais avec un spectre lumineux plus large. Les résultats sont généralement légèrement moins bons qu’avec le laser. Les appareils à domicile existent mais sont moins puissants que les appareils professionnels. Comme le laser, l’IPL fonctionne mieux sur les poils foncés.
Méthodes d’épilation temporaires
En attendant l’efficacité des traitements médicaux, l’épilation temporaire reste nécessaire.
Le rasage
C’est la méthode la plus rapide mais aussi la plus temporaire.
Contrairement aux idées reçues, le rasage ne rend pas les poils plus épais ni plus denses. Il coupe simplement le poil à la surface, qui repousse avec une extrémité droite (semblant plus épais). Cette méthode convient pour les grandes surfaces (jambes, bras). Sur le visage, certaines femmes évitent le rasage par crainte de l’effet psychologique.
L’épilation à la cire
La cire arrache le poil à la racine, offrant un répit de trois à six semaines.
L’épilation à la cire affaiblit progressivement le poil avec le temps. Elle peut provoquer des poils incarnés, surtout en zone du maillot et jambes. Sur le visage sensible, la cire peut irriter et créer des rougeurs. Cette méthode est efficace mais douloureuse et chronophage.
La crème dépilatoire
Les crèmes chimiques dissolvent le poil à la surface.
Elles sont rapides et indolores mais ne durent guère plus que le rasage. Certaines peaux sensibles réagissent mal aux agents chimiques. Un test préalable sur une petite zone est recommandé. Les crèmes spécifiques pour le visage sont moins agressives.
La décoloration
Une alternative pour les poils fins et nombreux.
La décoloration ne supprime pas les poils mais les rend moins visibles. Cette option convient au duvet du visage, des bras ou du ventre. Les produits peuvent irriter les peaux sensibles. C’est une solution temporaire à renouveler régulièrement.
Approches naturelles et hygiène de vie
Certains changements de mode de vie peuvent améliorer l’hirsutisme.
Perte de poids
Pour les femmes en surpoids avec SOPK, la perte de poids est très bénéfique.
Une perte de 5 à 10% du poids corporel peut restaurer l’ovulation et réduire les androgènes. La réduction de la masse grasse diminue la résistance à l’insuline. L’amélioration hormonale se traduit par une réduction de l’hirsutisme sur plusieurs mois.
Alimentation et suppléments
Certains nutriments peuvent influencer l’équilibre hormonal.
Un régime à faible index glycémique réduit les pics d’insuline bénéfique dans le SOPK. Les oméga-3 ont des effets anti-inflammatoires et peuvent améliorer l’équilibre hormonal. Le zinc et le magnésium soutiennent la fonction hormonale. L’inositol (supplément) améliore la sensibilité à l’insuline dans le SOPK. Ces approches sont complémentaires et ne remplacent pas les traitements médicaux.
Gestion du stress
Le stress chronique peut aggraver les déséquilibres hormonaux.
Le cortisol (hormone du stress) interfère avec les hormones sexuelles. Les techniques de relaxation (yoga, méditation) peuvent être bénéfiques. Un sommeil de qualité est essentiel à la régulation hormonale. Ces mesures soutiennent l’efficacité des traitements médicaux.
Vivre avec l’hirsutisme
Des stratégies psychologiques et pratiques facilitent le quotidien.
Acceptation et estime de soi
Travailler sur l’image corporelle est important.
L’hirsutisme ne définit pas votre valeur ni votre féminité. De nombreuses femmes réussies et épanouies vivent avec cette condition. Les groupes de soutien en ligne offrent un espace d’échange et de partage d’expériences. La thérapie cognitive-comportementale peut aider à gérer l’impact psychologique.
Communication avec l’entourage
Parler de l’hirsutisme peut alléger le fardeau émotionnel.
Expliquer la condition médicale à vos proches favorise leur compréhension. Dans les relations intimes, la communication ouverte renforce la confiance. Votre partenaire est souvent bien moins préoccupé par votre pilosité que vous ne l’imaginez.
Questions fréquentes
L’hirsutisme peut-il disparaître naturellement ?
Cela dépend de la cause. L’hirsutisme causé par un médicament disparaît généralement après l’arrêt du traitement. En revanche, l’hirsutisme lié au SOPK ou idiopathique ne disparaît pas spontanément et nécessite un traitement continu. Sans traitement, il a tendance à progresser lentement avec l’âge.
Combien de temps faut-il pour voir les effets des traitements hormonaux ?
Les traitements anti-androgènes demandent de la patience. Les premiers effets apparaissent après trois à six mois de traitement régulier. L’effet maximal n’est atteint qu’après douze à dix-huit mois. La pilosité déjà présente ne disparaît pas avec ces traitements, ils empêchent principalement l’apparition de nouveaux poils et ralentissent la pousse.
Le rasage du visage rend-il vraiment les poils plus épais ?
Non, c’est un mythe persistant. Le rasage coupe le poil à sa base épaisse, donnant l’illusion d’une repousse plus dense et plus dure. En réalité, ni le diamètre, ni le taux de croissance, ni la couleur du poil ne sont modifiés par le rasage. C’est une méthode sûre et efficace si elle vous convient.
L’hirsutisme signifie-t-il que je produis trop de testostérone ?
Pas nécessairement. Dans l’hirsutisme idiopathique, les taux d’androgènes sont normaux mais les follicules pileux y sont simplement plus sensibles. Dans le SOPK, il peut y avoir une légère élévation des androgènes. Les taux très élevés suggèrent une cause plus rare (tumeur) et nécessitent des explorations approfondies.
L’épilation laser est-elle définitive pour l’hirsutisme ?
Le laser réduit significativement la pilosité mais n’est pas strictement définitif dans l’hirsutisme. Tant que le stimulus hormonal persiste, de nouveaux poils peuvent apparaître. C’est pourquoi le traitement médical hormonal doit être poursuivi. Le laser élimine les poils existants mais ne prévient pas l’apparition de nouveaux si le déséquilibre hormonal n’est pas contrôlé.
Conclusion
La pilosité excessive chez la femme est une condition fréquente ayant souvent une origine hormonale identifiable et traitable. Bien que l’impact psychologique puisse être significatif, des solutions médicales efficaces existent : traitements anti-androgènes, contraception adaptée, crème topique, et épilation définitive par laser.
L’essentiel est de consulter un médecin (endocrinologue ou dermatologue) pour identifier la cause, exclure une condition sous-jacente sérieuse, et mettre en place un plan de traitement adapté. Avec une prise en charge appropriée, la grande majorité des femmes peuvent significativement améliorer leur hirsutisme et leur qualité de vie.
Avertissement médical : L’hirsutisme peut révéler un déséquilibre hormonal nécessitant une prise en charge médicale. Consultez un endocrinologue ou un dermatologue pour un bilan approprié avant d’entreprendre tout traitement, surtout si l’apparition est brutale ou accompagnée de signes de virilisation.
Articles connexes
Aucun article connexe trouvé.