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Perte & Chute de cheveux

Causes de la Chute de Cheveux : Guide Complet 2026

Découvrez les principales causes de la chute de cheveux chez l'homme et la femme. Facteurs génétiques, hormonaux, nutritionnels et solutions adaptées.

Dr. Sophie Martin, Dermatologue-Trichologue
25 janvier 2026 16 min de lecture

Mis à jour le 27 janvier 2026

Schéma illustrant les différentes causes de la chute de cheveux avec le cycle capillaire

Illustration du cycle capillaire et des facteurs influençant la chute de cheveux

La chute de cheveux touche des millions de personnes et peut avoir des répercussions significatives sur l’estime de soi et la qualité de vie. Comprendre les causes de cette perte capillaire est la première étape essentielle vers un traitement efficace. Qu’elle soit progressive ou soudaine, localisée ou diffuse, chaque type de chute a des origines spécifiques qui nécessitent une approche adaptée.

Dans ce guide complet, nous passons en revue toutes les causes majeures de la perte de cheveux, des facteurs génétiques aux déséquilibres hormonaux, en passant par les carences nutritionnelles et les conditions médicales. Cette compréhension approfondie vous permettra d’identifier les pistes les plus probables dans votre situation et d’orienter efficacement votre démarche diagnostique.

Le cycle de vie du cheveu : comprendre pour mieux agir

Avant d’explorer les causes de la chute, il est essentiel de comprendre le cycle naturel du cheveu. Cette connaissance permet de distinguer une chute normale d’une chute pathologique.

Les trois phases du cycle capillaire

Chaque cheveu suit un cycle de vie composé de trois phases distinctes, indépendamment des cheveux voisins :

Phase anagène (croissance) : Le cheveu pousse activement à partir du bulbe. Cette phase dure de 2 à 7 ans selon les individus et détermine la longueur maximale que peuvent atteindre les cheveux. Environ 85 à 90% des cheveux sont en phase anagène à un instant donné.

Phase catagène (transition) : Le cheveu cesse de croître et le follicule se rétracte. Cette phase courte dure environ 2 à 3 semaines. Seuls 1 à 2% des cheveux sont en phase catagène.

Phase télogène (repos) : Le cheveu est au repos puis tombe naturellement pour être remplacé par un nouveau cheveu. Cette phase dure environ 3 mois. Entre 10 et 15% des cheveux sont en phase télogène.

Quelle quantité de chute est normale ?

Selon l’American Academy of Dermatology, il est normal de perdre entre 50 et 100 cheveux par jour. Cette chute fait partie du renouvellement naturel de la chevelure. Au-delà de ce seuil, ou en cas de non-remplacement des cheveux perdus, on parle de chute pathologique nécessitant une investigation.

Schéma des trois phases du cycle capillaire

Les causes génétiques : l’alopécie androgénétique

L’alopécie androgénétique représente de loin la cause la plus fréquente de chute de cheveux, touchant environ 70% des hommes et 40% des femmes au cours de leur vie. Il s’agit d’une condition héréditaire liée à la sensibilité des follicules pileux aux hormones androgènes.

Le rôle de la DHT dans la calvitie

Au cœur de l’alopécie androgénétique se trouve la DHT (dihydrotestostérone), une hormone dérivée de la testostérone. Chez les personnes génétiquement prédisposées, la DHT se fixe sur les récepteurs des follicules pileux sensibles et provoque leur miniaturisation progressive.

Ce processus se déroule sur plusieurs années :

  1. Les cycles de croissance du cheveu raccourcissent
  2. Les cheveux produits deviennent plus fins et plus courts
  3. Le follicule finit par ne plus produire que du duvet invisible
  4. À terme, le follicule peut s’atrophier complètement

Cette miniaturisation explique pourquoi la calvitie s’installe progressivement, avec d’abord un éclaircissement visible avant une zone complètement dégarnie.

Hérédité et transmission génétique

Contrairement à une idée reçue tenace, la calvitie ne se transmet pas uniquement par la mère. Selon les études du NCBI, plus de 200 variations génétiques ont été associées à l’alopécie androgénétique, provenant des deux lignées parentales.

Les facteurs héréditaires incluent :

  • Le gène du récepteur aux androgènes (chromosome X, hérité de la mère)
  • De nombreux gènes sur les chromosomes autosomes (hérités des deux parents)
  • L’interaction complexe entre ces différents gènes

Observer la chevelure de vos père, mère, grands-parents et oncles des deux côtés donne des indications sur votre propre susceptibilité, mais la génétique reste probabiliste et non déterministe.

Différences entre hommes et femmes

L’alopécie androgénétique se manifeste différemment selon le sexe :

Chez l’homme : Schéma caractéristique avec recul des tempes (golfes), dégarnissement frontal et éclaircissement du vertex (calvitie moine). La progression suit généralement l’échelle de Norwood.

Chez la femme : Éclaircissement diffus centré sur la raie médiane, avec conservation de la ligne frontale. La progression suit l’échelle de Ludwig. Les cas de calvitie masculine typique chez la femme doivent faire rechercher un excès d’androgènes.

Les causes hormonales

Au-delà de la DHT, d’autres déséquilibres hormonaux peuvent provoquer une chute de cheveux importante.

Troubles thyroïdiens

La glande thyroïde régule le métabolisme de l’ensemble de l’organisme, y compris celui des follicules pileux. Tant l’hypothyroïdie que l’hyperthyroïdie peuvent causer une perte de cheveux diffuse.

Signes associés à surveiller :

  • Fatigue inexpliquée ou au contraire nervosité excessive
  • Prise ou perte de poids sans modification alimentaire
  • Intolérance au froid ou à la chaleur
  • Cheveux secs, cassants et ternes
  • Modifications du rythme cardiaque

Un simple dosage de la TSH permet de dépister un dysfonctionnement thyroïdien. Une fois la thyroïde équilibrée par un traitement adapté, la chute de cheveux se stabilise généralement en quelques mois.

Fluctuations hormonales féminines

Les femmes sont particulièrement sujettes aux chutes de cheveux liées aux variations hormonales :

Après l’accouchement : La chute post-partum est très fréquente, survenant 2 à 4 mois après l’accouchement. Pendant la grossesse, les œstrogènes élevés prolongent la phase anagène. Après l’accouchement, la normalisation hormonale provoque une chute synchronisée des cheveux “en sursis”.

Ménopause : La diminution des œstrogènes et la relative augmentation des androgènes peuvent révéler ou aggraver une alopécie androgénétique latente.

Arrêt de la pilule contraceptive : Certaines pilules à effet anti-androgénique protègent les cheveux. Leur arrêt peut déclencher une chute temporaire.

Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : L’excès d’androgènes associé au SOPK peut provoquer une alopécie de type masculin chez la femme.

Influence des hormones sur le cycle capillaire chez la femme

Les carences nutritionnelles

Le cheveu est un tissu à renouvellement rapide qui nécessite un apport constant en nutriments essentiels. Certaines carences sont particulièrement délétères pour la santé capillaire.

Carence en fer

La carence en fer est l’une des causes nutritionnelles les plus fréquentes de chute de cheveux, particulièrement chez les femmes. Le fer est essentiel à la production d’hémoglobine qui transporte l’oxygène vers les follicules pileux.

Selon Dermato-info, même une ferritine basse sans anémie franche peut provoquer une chute de cheveux. Le seuil optimal pour la santé capillaire serait supérieur à 50-70 µg/L.

Sources alimentaires de fer :

  • Viande rouge, foie, boudin noir
  • Légumineuses (lentilles, pois chiches)
  • Épinards, bette
  • Fruits de mer

Carence en zinc

Le zinc participe à la synthèse de la kératine et à la division cellulaire du bulbe pileux. Une carence peut provoquer des cheveux fins, cassants et une chute accrue.

Carence en protéines

Les cheveux sont composés à 95% de kératine, une protéine. Un apport protéique insuffisant (régimes très restrictifs, végétalisme mal équilibré, troubles digestifs) peut limiter la production de cheveux.

Autres carences à surveiller

NutrimentRôle pour les cheveuxSignes de carence
Vitamine DCycle folliculaireFatigue, douleurs musculaires
Biotine (B8)Synthèse kératineCheveux cassants, dermatite
Vitamine B12Oxygénation folliculaireFatigue, pâleur, fourmillements
Oméga-3Hydratation du cuir cheveluCheveux secs, peau sèche

Le stress et l’effluvium télogène

Le stress peut provoquer plusieurs types de chute de cheveux, dont la plus fréquente est l’effluvium télogène.

Qu’est-ce que l’effluvium télogène ?

L’effluvium télogène survient lorsqu’un événement stressant (physique ou psychologique) précipite un grand nombre de cheveux en phase télogène de manière synchrone. Ces cheveux tombent ensuite ensemble, 2 à 4 mois après l’événement déclencheur.

Événements pouvant déclencher un effluvium télogène :

  • Stress émotionnel intense (deuil, divorce, licenciement)
  • Intervention chirurgicale majeure
  • Maladie fébrile prolongée
  • Accouchement
  • Régime drastique avec perte de poids rapide
  • Arrêt d’un traitement médicamenteux

Caractéristiques de l’effluvium télogène

Cette chute se distingue par plusieurs caractéristiques :

  • Chute diffuse sur l’ensemble du cuir chevelu (pas de zones localisées)
  • Grande quantité de cheveux (parfois par poignées)
  • Cheveux avec bulbe blanc visible (signe de cheveux télogènes)
  • Apparition 2 à 4 mois après un événement identifiable
  • Spontanément réversible en 6 à 12 mois

La bonne nouvelle est que l’effluvium télogène est généralement réversible : une fois le stress résolu et l’organisme stabilisé, les cheveux repoussent normalement.

Les causes médicales et médicamenteuses

Certaines conditions médicales et traitements peuvent provoquer une chute de cheveux significative.

Maladies auto-immunes

Pelade (alopécie areata) : Le système immunitaire attaque les follicules pileux, provoquant des plaques chauves circulaires bien délimitées. Cette condition peut toucher le cuir chevelu, la barbe ou l’ensemble du corps.

Lupus érythémateux : Peut provoquer une alopécie cicatricielle avec destruction définitive des follicules.

Autres maladies auto-immunes : Certaines peuvent s’accompagner d’une chute de cheveux (thyroïdite de Hashimoto, maladie cœliaque).

Médicaments responsables de chute de cheveux

De nombreux médicaments peuvent provoquer une chute capillaire :

  • Chimiothérapies : chute massive et rapide (anagène effluvium)
  • Anticoagulants (héparine, warfarine)
  • Bêtabloquants
  • Rétinoïdes (isotrétinoïne pour l’acné)
  • Lithium (troubles bipolaires)
  • Certains antidépresseurs
  • Antiépileptiques

La chute liée aux médicaments est généralement réversible après arrêt ou modification du traitement.

Infections du cuir chevelu

Certaines infections peuvent provoquer une chute localisée :

  • Teigne : infection fongique provoquant des plaques squameuses et une chute
  • Folliculite : infection des follicules pouvant endommager les bulbes
  • Infections bactériennes : abcès du cuir chevelu

Les causes physiques et traumatiques

Les traumatismes répétés du cuir chevelu et des cheveux peuvent provoquer une chute progressive.

Alopécie de traction

L’alopécie de traction résulte d’une tension prolongée sur les cheveux due aux coiffures serrées : tresses, queues de cheval, chignons, extensions. La traction constante endommage les follicules et peut provoquer une chute définitive si elle persiste.

Zones typiquement touchées :

  • Ligne frontale d’implantation
  • Tempes
  • Zones de traction des tresses ou des extensions

Trichotillomanie

La trichotillomanie est un trouble compulsif consistant à s’arracher les cheveux. Cette condition nécessite une prise en charge psychologique spécialisée.

Agressions thermiques et chimiques

L’usage répété d’appareils chauffants (lisseurs, fers à boucler) à haute température et les traitements chimiques agressifs (décolorations, défrisages) peuvent fragiliser la fibre capillaire et endommager les follicules.

Illustration des dommages causés par la chaleur excessive sur le cheveu

Quand consulter un spécialiste ?

Certains signaux doivent vous inciter à consulter rapidement un dermatologue ou un trichologue :

  • Chute soudaine et massive de cheveux
  • Plaques chauves localisées
  • Cuir chevelu rouge, irrité ou douloureux
  • Chute accompagnée d’autres symptômes (fatigue, prise de poids)
  • Chute persistant au-delà de 6 mois sans amélioration
  • Doute sur le type de chute ou son origine

Le médecin procédera à un examen clinique, éventuellement complété par un trichogramme (analyse microscopique des cheveux), une dermoscopie du cuir chevelu et un bilan sanguin pour identifier la cause précise.

Questions fréquentes sur les causes de la chute de cheveux

La chute de cheveux est-elle toujours permanente ?

Non. De nombreuses causes de chute sont réversibles : effluvium télogène, carences nutritionnelles, déséquilibres thyroïdiens, chute médicamenteuse. En revanche, l’alopécie androgénétique est progressive sans traitement, et certaines alopécies cicatricielles sont définitives.

Le shampooing peut-il faire tomber les cheveux ?

Le shampooing ne provoque pas la chute des cheveux. Les cheveux qui tombent pendant le lavage étaient déjà en phase télogène et destinés à tomber. Un lavage fréquent avec un shampooing doux n’aggrave pas la chute.

Le port du casque ou de la casquette favorise-t-il la calvitie ?

Non, c’est un mythe. Le port de couvre-chefs n’a aucun impact sur l’alopécie androgénétique, qui est génétique et hormonale. En revanche, des casques ou bonnets très serrés portés en permanence pourraient théoriquement créer une traction.

Le stress peut-il rendre chauve ?

Le stress ne provoque pas d’alopécie androgénétique mais peut déclencher un effluvium télogène (réversible) ou aggraver une calvitie préexistante. La vraie calvitie reste liée à des facteurs génétiques et hormonaux.

Conclusion

Les causes de la chute de cheveux sont multiples et souvent intriquées. L’identification précise des facteurs en jeu est la clé d’une prise en charge efficace. Si l’alopécie androgénétique reste la cause la plus fréquente, les carences nutritionnelles, les déséquilibres hormonaux et le stress représentent des causes traitables dont la correction peut stopper voire inverser la chute.

Face à une perte de cheveux inhabituelle, ne tardez pas à consulter un professionnel de santé. Un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée offrent les meilleures chances de préserver ou de retrouver une chevelure dense.

Avertissement médical : Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation médicale. Si vous constatez une chute de cheveux anormale, consultez un dermatologue pour un diagnostic personnalisé.

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