Pelade de la Barbe (Alopecia Barbae) : Causes,...
La pelade de la barbe crée des trous dans la barbe. Découvrez les causes auto-immunes, les traitements efficaces (corticoïdes, JAK inhibiteurs) et le...
Mis à jour le 27 janvier 2026

La pelade de la barbe, médicalement appelée alopecia barbae, est une forme localisée d’alopécie areata affectant spécifiquement la zone de la barbe et parfois de la moustache. Cette condition auto-immune se manifeste par l’apparition soudaine de plaques rondes ou ovales totalement dépourvues de poils, créant des “trous” caractéristiques dans la barbe. Touchant environ 2% des hommes adultes, la pelade de la barbe peut avoir un impact psychologique significatif, la barbe étant un attribut masculin important pour beaucoup.
Ce guide complet vous explique les causes de la pelade de la barbe, son évolution, les traitements disponibles et les chances de repousse complète.
Qu’est-ce que la pelade de la barbe ?
La pelade de la barbe est une manifestation spécifique d’une maladie auto-immune plus large.
Définition médicale
Selon le NCBI, l’alopecia barbae est une forme localisée d’alopécie areata.
L’alopécie areata est une maladie auto-immune où le système immunitaire attaque par erreur les follicules pileux. Dans la pelade de la barbe, seule la zone de la barbe (menton, joues, cou) et parfois la moustache sont affectées. Les plaques apparaissent soudainement, généralement en quelques jours à quelques semaines. La peau des zones touchées reste parfaitement normale, sans inflammation visible ni cicatrice.
Différence avec d’autres pertes de poils de barbe
La pelade se distingue d’autres causes de perte de barbe.
L’alopécie androgénétique ne touche généralement pas la barbe de façon localisée. Les infections fongiques (teigne de la barbe) provoquent des plaques inflammatoires et squameuses. La folliculite bactérienne s’accompagne de pustules et d’inflammation. La trichotillomanie (arrachage compulsif) crée des zones irrégulières avec des poils cassés. La pelade produit des zones totalement glabres avec une peau normale.
Épidémiologie
La pelade de la barbe touche principalement les hommes jeunes.
Elle peut survenir à tout âge mais est plus fréquente entre 20 et 40 ans. Environ 20 à 30% des personnes avec alopécie areata du cuir chevelu développent une atteinte de la barbe. L’incidence annuelle de l’alopécie areata (toutes formes) est d’environ 20 cas pour 100 000 personnes. La pelade de la barbe représente environ 10% des cas d’alopécie areata.
Causes et mécanismes
Comprendre l’origine auto-immune de la pelade éclaire les options de traitement.
Mécanisme auto-immun
La pelade résulte d’une attaque du système immunitaire contre ses propres follicules.
Les lymphocytes T (cellules immunitaires) infiltrent le follicule pileux en phase de croissance (anagène). Cette attaque arrête brutalement la production du poil. Le follicule entre prématurément en phase de repos (télogène). Contrairement aux alopécies cicatricielles, le follicule n’est pas détruit définitivement, expliquant la possibilité de repousse.
Facteurs génétiques
Une prédisposition génétique joue un rôle important.
Environ 20% des personnes avec alopécie areata ont un membre de famille affecté. Plusieurs gènes de susceptibilité ont été identifiés, notamment liés au système immunitaire (HLA). La transmission héréditaire n’est cependant pas simple et prévisible. Avoir un parent avec alopécie areata augmente le risque mais ne garantit pas le développement de la condition.
Facteurs déclenchants
Certains événements peuvent déclencher ou aggraver la pelade.
Selon l’American Academy of Dermatology, le stress intense (physique ou émotionnel) est fréquemment rapporté avant l’apparition. Les infections virales peuvent déclencher une réaction auto-immune. Les traumatismes locaux (coup, irritation) peuvent initier une plaque à cet endroit. Les changements hormonaux (puberté, stress) peuvent influencer l’apparition.
Associations avec d’autres maladies
La pelade est parfois associée à d’autres conditions auto-immunes.
Les maladies thyroïdiennes (hypothyroïdie, thyroïdite de Hashimoto) sont plus fréquentes. Le vitiligo (dépigmentation cutanée) coexiste parfois. Les maladies inflammatoires intestinales montrent une association. Le diabète de type 1 est légèrement plus fréquent. Un bilan thyroïdien est souvent recommandé chez les patients avec alopécie areata.

Symptômes et évolution
La pelade de la barbe présente des caractéristiques cliniques distinctes.
Apparition des plaques
Le début est généralement brutal et imprévisible.
Une ou plusieurs plaques circulaires ou ovales apparaissent soudainement. Les zones touchées sont complètement dépourvues de poils (peau lisse). La peau des plaques reste normale : pas de rougeur, de squames, ni de cicatrice. Les bords des plaques sont nets et bien délimités. Les premiers poils à tomber peuvent être trouvés sur l’oreiller ou le lavabo.
Caractéristiques des plaques
Certains signes sont caractéristiques de la pelade.
Les “poils en point d’exclamation” (fins à la base, épais à l’extrémité) sont typiques en bordure des plaques actives. Leur présence indique une phase active d’extension. La taille des plaques varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres. Les plaques peuvent être uniques ou multiples. Elles siègent le plus souvent sur les joues et le menton, parfois sur la moustache.
Évolution naturelle
Le cours de la maladie est imprévisible.
Dans 50% des cas, la repousse spontanée survient en moins d’un an. Les nouveaux poils sont parfois blancs ou gris initialement (dépigmentés) avant de reprendre leur couleur. De nouvelles plaques peuvent apparaître pendant que d’autres repoussent. Chez 30% des patients, l’évolution est chronique avec rechutes et rémissions. Dans 20% des cas, l’extension peut aboutir à une perte complète de la barbe (alopécie totale de la barbe).
Extension possible
La pelade peut parfois s’étendre au-delà de la barbe.
Environ 20 à 30% des personnes avec pelade de la barbe développent une atteinte du cuir chevelu. L’extension aux sourcils, cils ou poils corporels est plus rare. L’alopécie universelle (perte de tous les poils du corps) est exceptionnelle. L’étendue initiale et la rapidité de progression sont des facteurs pronostiques importants.
Diagnostic de la pelade
Le diagnostic est généralement clinique mais peut nécessiter des examens.
Examen clinique
Un dermatologue expérimenté diagnostique la pelade à l’examen.
L’aspect caractéristique des plaques glabres avec peau normale est évocateur. La recherche de “poils en point d’exclamation” confirme le diagnostic. Le dermatologue examine également le cuir chevelu, les sourcils et les ongles. Les ongles peuvent présenter de petites dépressions (ponctuations) dans 10 à 20% des cas.
Trichoscopie
Cet examen microscopique du cuir chevelu aide au diagnostic.
La trichoscopie révèle des “points jaunes” (ostiums folliculaires dilatés). Les “poils en point d’exclamation” sont visualisés en détail. Les “poils cadavérisés” (noirs et dystrophiques) signent l’activité de la maladie. Cet examen non invasif confirme le diagnostic dans les cas douteux.
Biopsie cutanée
Elle est rarement nécessaire mais peut être réalisée en cas de doute.
La biopsie montre un infiltrat lymphocytaire périfolliculaire caractéristique. Elle permet d’exclure d’autres diagnostics (infection fongique, alopécie cicatricielle). Cet examen invasif est réservé aux cas atypiques ou résistants.
Examens complémentaires
Des bilans sanguins peuvent être prescrits.
Un bilan thyroïdien (TSH, anticorps anti-thyroïdiens) dépiste une pathologie thyroïdienne associée. Une numération formule sanguine recherche une anémie ou une carence. Le dosage de la vitamine D peut être utile. Ces examens recherchent des comorbidités ou facteurs aggravants.
Traitements de la pelade de la barbe
Plusieurs options thérapeutiques existent, avec une efficacité variable.
Corticostéroïdes topiques et infiltrations
C’est souvent le traitement de première intention.
Les corticoïdes topiques puissants (clobétasol) sont appliqués sur les plaques. Leur efficacité est limitée pour la barbe (pénétration difficile à travers une peau épaisse). Les infiltrations de corticoïdes (triamcinolone) directement dans les plaques sont plus efficaces. Elles sont réalisées tous les mois pendant plusieurs mois. Les taux de repousse atteignent 60 à 70% pour les formes localisées. Les effets secondaires incluent une atrophie cutanée et une dépigmentation locale.
Minoxidil topique
Ce traitement stimule la repousse mais ne traite pas la cause.
Le minoxidil 5% en solution ou mousse peut être appliqué sur les zones atteintes. Il stimule la prolifération des follicules et prolonge la phase anagène. Son efficacité est modeste (30-40% de repousse) utilisé seul. Il est souvent combiné à d’autres traitements pour améliorer les résultats. Le traitement doit être poursuivi pour maintenir la repousse.
Immunothérapie topique
Cette approche provoque une réaction allergique contrôlée.
Le diphénylcyclopropénone (DPCP) ou le dinitrochlorobenzène (DNCB) créent une dermatite de contact allergique. Cette réaction détourne le système immunitaire de l’attaque des follicules. Le taux de repousse atteint 50 à 60% après plusieurs mois de traitement. Les effets secondaires incluent eczéma sévère, démangeaisons et parfois une dépigmentation. Ce traitement est réservé aux formes étendues ou résistantes.
Inhibiteurs de JAK
Les nouveaux traitements oraux montrent une efficacité remarquable.
Selon le New England Journal of Medicine, les inhibiteurs de JAK (baricitinib, ruxolitinib) bloquent les voies de signalisation impliquées dans l’auto-immunité. Les études montrent des taux de repousse de 30 à 40% pour les formes sévères d’alopécie areata. Le ruxolitinib topique (2%) a été approuvé récemment pour les formes moins étendues. Ces nouveaux traitements représentent une avancée majeure dans la prise en charge de la pelade. Les effets secondaires potentiels incluent infections, troubles lipidiques et risques cardiovasculaires nécessitant une surveillance.
Photothérapie
L’exposition aux UV peut stimuler la repousse.
La PUVAthérapie (psoralène + UVA) ou la photothérapie UVB ont une efficacité modérée. Elles nécessitent des séances répétées (2 à 3 fois par semaine pendant plusieurs mois). Le taux de repousse est d’environ 30%. Ce traitement convient mieux aux formes étendues. Le vieillissement cutané et le risque de cancer de la peau limitent son utilisation.
Traitements en développement
La recherche continue d’explorer de nouvelles options.
Les anticorps monoclonaux ciblant des cytokines spécifiques sont en essais. Les cellules souches et la thérapie génique représentent des pistes pour l’avenir. Le plasma riche en plaquettes (PRP) montre des résultats préliminaires encourageants. Ces traitements ne sont pas encore disponibles en routine.

Approches naturelles et complémentaires
Bien qu’aucun traitement naturel n’ait prouvé son efficacité seul, certaines approches peuvent compléter les traitements médicaux.
Gestion du stress
Le stress étant un facteur déclenchant potentiel, sa gestion est importante.
Les techniques de relaxation (méditation, yoga) peuvent aider. La thérapie cognitive-comportementale réduit l’anxiété liée à la condition. Un sommeil de qualité soutient le système immunitaire. L’exercice physique régulier a des effets anti-inflammatoires bénéfiques. Ces approches soutiennent les traitements médicaux sans les remplacer.
Suppléments nutritionnels
Certains nutriments sont explorés mais sans preuve d’efficacité solide.
La vitamine D semble jouer un rôle dans l’immunité et la santé folliculaire. Le zinc est important pour la croissance des poils mais une supplémentation n’a pas prouvé son efficacité. Les oméga-3 ont des propriétés anti-inflammatoires théoriques. La biotine est inutile en l’absence de carence avérée. Discutez avec votre médecin avant tout supplément.
Huiles essentielles et traitements topiques naturels
Certains remèdes naturels sont populaires mais peu étudiés scientifiquement.
L’huile de ricin est traditionnellement utilisée pour stimuler la repousse mais sans preuve solide. L’huile de romarin aurait des propriétés stimulantes selon quelques petites études. Le jus d’oignon a montré des résultats modestes dans une étude de faible qualité. Ces approches peuvent être tentées en complément mais ne doivent pas retarder un traitement médical efficace.
Vivre avec la pelade de la barbe
L’impact psychologique ne doit pas être sous-estimé.
Impact esthétique et psychologique
La perte de barbe peut affecter significativement l’image de soi.
Pour beaucoup d’hommes, la barbe est un attribut important de leur masculinité et identité. Les “trous” dans la barbe sont visibles et peuvent attirer des questions ou regards. L’anxiété concernant l’évolution (nouvelles plaques, extension) est fréquente. L’impact sur la confiance en soi et les relations sociales peut être important.
Stratégies d’adaptation
Plusieurs approches peuvent aider à mieux vivre avec la condition.
Raser complètement la barbe élimine l’aspect inégal et peut être libérateur. Porter la barbe courte ou stylisée peut camoufler les petites plaques. Les produits de camouflage (poudres densifiantes, microfibrages) masquent temporairement les zones. L’acceptation et le focus sur d’autres attributs personnels favorisent le bien-être. Les groupes de soutien en ligne offrent un espace d’échange avec d’autres personnes concernées.
Soutien psychologique
Ne pas hésiter à chercher de l’aide si l’impact est significatif.
Un psychologue peut aider à gérer l’anxiété et améliorer l’estime de soi. La thérapie cognitive-comportementale est particulièrement efficace. Parler ouvertement avec ses proches de l’impact émotionnel allège le fardeau. Se rappeler que la condition ne définit pas sa valeur personnelle est important.
Pronostic et chances de repousse
L’évolution de la pelade est imprévisible mais généralement favorable.
Facteurs pronostiques
Certains éléments influencent les chances de repousse.
Une atteinte limitée (1 à 2 petites plaques) a un meilleur pronostic. Un début récent (moins de 6 mois) répond mieux aux traitements. L’absence d’antécédents familiaux d’alopécie areata est favorable. L’âge adulte au début a un meilleur pronostic que l’enfance. L’absence d’atteinte des ongles ou d’autres zones est un bon signe.
Taux de repousse
Les statistiques donnent une idée générale de l’évolution.
Environ 50% des personnes avec pelade localisée récupèrent spontanément en un an. Avec traitement, 60 à 80% des formes limitées montrent une repousse significative. Les formes étendues ou totales ont un pronostic plus réservé (30-40% de repousse). Les rechutes sont fréquentes (30-50% dans les 5 ans) même après repousse complète.
Surveillance à long terme
Un suivi régulier est recommandé.
Le dermatologue évalue la réponse au traitement et ajuste si nécessaire. La surveillance des éventuelles maladies auto-immunes associées est importante. Le dépistage thyroïdien régulier est recommandé. Le soutien psychologique fait partie intégrante du suivi.
Questions fréquentes
La pelade de la barbe est-elle définitive ?
Non, dans la majorité des cas. Contrairement aux alopécies cicatricielles, la pelade ne détruit pas définitivement les follicules pileux. Environ 50% des personnes connaissent une repousse spontanée en moins d’un an. Même dans les formes plus sévères, une repousse reste possible, parfois après des années. Cependant, les rechutes sont fréquentes et l’évolution reste imprévisible.
Le stress peut-il vraiment causer la pelade de la barbe ?
Le stress ne “cause” pas directement la pelade mais peut la déclencher chez les personnes prédisposées génétiquement. De nombreux patients rapportent un événement stressant avant l’apparition des premières plaques. Le stress chronique peut également aggraver la condition. Gérer le stress ne guérit pas la pelade mais peut potentiellement réduire les rechutes.
Puis-je me faire greffer des poils de barbe ?
Techniquement oui, une greffe de poils de barbe est possible. Cependant, elle est déconseillée dans le contexte de la pelade car le processus auto-immun peut attaquer les poils greffés. La greffe est réservée aux alopécies cicatricielles ou traumatiques. Il est préférable d’essayer d’abord les traitements médicaux qui offrent de bonnes chances de repousse naturelle.
Les traitements naturels peuvent-ils guérir la pelade ?
Aucun traitement naturel n’a démontré scientifiquement son efficacité pour guérir la pelade. Certains remèdes (huile de ricin, oignon, huiles essentielles) ont des adeptes mais manquent de preuves solides. Ils peuvent être tentés en complément des traitements médicaux mais ne doivent pas les remplacer. Les inhibiteurs de JAK et les corticoïdes infiltrés restent les traitements les plus efficaces.
La pelade de la barbe va-t-elle s’étendre à mes cheveux ?
C’est possible mais pas systématique. Environ 20 à 30% des personnes avec pelade de la barbe développent une atteinte du cuir chevelu. L’inverse est plus fréquent (les personnes avec alopécie areata du cuir chevelu développent parfois une atteinte de la barbe). Le fait d’avoir uniquement la barbe touchée depuis longtemps sans extension est plutôt rassurant mais ne garantit rien.
Conclusion
La pelade de la barbe est une condition auto-immune imprévisible mais rarement définitive. Bien que l’apparition soudaine de plaques glabres puisse être déconcertante, les chances de repousse spontanée ou sous traitement sont encourageantes, particulièrement pour les formes limitées.
Les nouveaux traitements, notamment les inhibiteurs de JAK, offrent un espoir réel pour les formes résistantes. En attendant la repousse, des stratégies d’adaptation (rasage complet, camouflage) et un soutien psychologique peuvent améliorer significativement la qualité de vie. Consultez un dermatologue spécialisé pour un diagnostic précis et un plan de traitement adapté à votre situation.
Avertissement médical : La pelade de la barbe nécessite un diagnostic médical pour exclure d’autres causes de perte de poils. Consultez un dermatologue avant d’entreprendre tout traitement. Les informations de cet article sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
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