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Anatomie du Cheveu : Racine, Composition et Structure...

Découvrez la structure complète du cheveu : racine, bulbe, tige capillaire, composition en kératine. Comprendre l'anatomie pour mieux traiter la chute.

Dr. Claire Dubois, Dermatologue
26 janvier 2026 14 min de lecture

Mis à jour le 27 janvier 2026

Schéma anatomique détaillé d'un cheveu avec racine, bulbe et follicule pileux

Schéma anatomique détaillé d'un cheveu montrant toutes ses composantes

Comprendre l’anatomie du cheveu et sa racine est essentiel pour saisir les mécanismes de la chute de cheveux et l’efficacité des différents traitements. Le cheveu est une structure complexe composée d’une partie visible (la tige capillaire) et d’une partie cachée sous la peau (la racine avec son follicule). Cette architecture sophistiquée reflète l’évolution biologique et remplit des fonctions de protection, de régulation thermique et d’esthétique.

Ce guide complet vous explique la structure détaillée du cheveu, sa composition chimique, le cycle de vie du follicule et comment cette connaissance aide à comprendre et traiter les problèmes capillaires.

Structure globale du cheveu

Le cheveu se divise en deux parties principales avec des caractéristiques distinctes.

La tige capillaire

C’est la partie visible du cheveu qui émerge du cuir chevelu.

La tige capillaire est composée de cellules mortes kératinisées densément compactées. Elle ne contient ni nerfs ni vaisseaux sanguins, d’où l’absence de douleur lors de la coupe. Sa longueur varie selon le cycle de croissance et peut atteindre plusieurs dizaines de centimètres. La tige donne au cheveu ses propriétés mécaniques (résistance, élasticité) et esthétiques (couleur, brillance).

La racine du cheveu

C’est la partie vivante et active située sous le cuir chevelu.

Selon le NCBI, la racine du cheveu comprend le follicule pileux, structure complexe ancrée dans le derme. Elle contient les cellules vivantes responsables de la production du cheveu. C’est au niveau de la racine que se jouent la croissance, la chute et les pathologies capillaires. La racine se termine par le bulbe pileux, zone de multiplication cellulaire intense.

Le follicule pileux

Cette structure entoure et protège la racine.

Le follicule pileux est une invagination de l’épiderme dans le derme. Il forme une gaine protectrice autour de la racine du cheveu. Chaque follicule contient une glande sébacée produisant le sébum qui lubrifie le cheveu. Le muscle arrecteur du poil (horripilateur) se connecte au follicule et provoque la “chair de poule”. Le follicule possède son propre système vasculaire et nerveux.

Anatomie détaillée de la racine

La racine du cheveu présente plusieurs composantes essentielles.

Le bulbe pileux

C’est la zone de croissance active située à la base du follicule.

Le bulbe est une structure en forme d’oignon à l’extrémité inférieure de la racine. Il contient la matrice pilaire, zone de division cellulaire intense. Les cellules de la matrice se multiplient rapidement, formant progressivement la tige capillaire. Le bulbe entoure la papille dermique, structure clé de la croissance. C’est dans le bulbe que se déterminent la vitesse de croissance, l’épaisseur et la couleur du cheveu.

La papille dermique

Cette structure vasculaire nourrit le bulbe.

La papille dermique est un amas de tissu conjonctif richement vascularisé. Elle fournit les nutriments, l’oxygène et les signaux hormonaux nécessaires à la croissance. Les cellules de la papille dermique contrôlent l’activité du follicule par des signaux biochimiques. C’est à ce niveau que la DHT exerce son effet néfaste dans la calvitie. Les cellules de la papille sont utilisées dans la recherche sur le clonage capillaire.

Les gaines épithéliales

Plusieurs couches protectrices entourent la racine.

La gaine épithéliale interne (GEI) entoure directement le cheveu en formation. Elle se kératinise et durcit pour modeler la forme du cheveu. La gaine épithéliale externe (GEE) prolonge l’épiderme vers le bas du follicule. Ces gaines contiennent des cellules souches qui permettent la régénération folliculaire. Elles protègent la racine et guident la pousse du cheveu vers la surface.

La glande sébacée

Elle produit le sébum lubrifiant le cheveu.

Une à trois glandes sébacées s’ouvrent dans la partie supérieure du follicule. Elles sécrètent le sébum, mélange lipidique qui lubrifie et protège le cheveu. Le sébum crée un film hydrolipidique à la surface du cuir chevelu. Un excès de sébum donne un aspect gras, un déficit provoque sécheresse et fragilité.

Schéma de la racine du cheveu avec bulbe, papille dermique et gaines

Composition chimique du cheveu

Le cheveu est principalement constitué de protéines spécialisées.

La kératine

C’est la protéine structurale principale du cheveu.

Selon NIH, la kératine représente 95% de la composition du cheveu. Il s’agit d’une protéine fibreuse riche en soufre formant de longues chaînes. Les liaisons disulfure entre les chaînes de kératine confèrent au cheveu sa résistance. Il existe deux types de kératine : alpha-kératine (majoritaire) et beta-kératine. La structure de la kératine détermine les propriétés mécaniques du cheveu (résistance à la traction, élasticité).

Les acides aminés

Dix-huit acides aminés composent la kératine du cheveu.

La cystine (liaison disulfure) représente environ 18% de la composition et assure la solidité. Les autres acides aminés majeurs incluent sérine, acide glutamique, glycine, thréonine et arginine. La proportion exacte varie légèrement selon les individus et les origines ethniques. Les carences en protéines affectent la qualité du cheveu.

Les lipides

Bien que minoritaires, les lipides jouent un rôle important.

Les lipides représentent environ 3% de la composition du cheveu. Ils sont principalement localisés dans la cuticule (couche externe). Les lipides contribuent à la brillance, la souplesse et la protection contre l’humidité. Le sébum produit par les glandes sébacées complète les lipides intrinsèques.

Les minéraux et oligo-éléments

Plusieurs minéraux sont présents dans le cheveu.

Le soufre (via la cystéine) est le minéral le plus abondant. Le zinc, le fer, le cuivre, le magnésium et le calcium sont également présents. Ces éléments participent à la structure et la pigmentation. Les carences en ces minéraux peuvent affecter la croissance et la qualité du cheveu. L’analyse minérale du cheveu peut révéler des expositions à certains toxiques.

L’eau et la mélanine

D’autres composants complètent la structure.

L’eau représente 10 à 13% du poids du cheveu en conditions normales. Le cheveu absorbe et libère l’eau selon l’humidité ambiante (hygroscopicité). La mélanine (eumélanine pour les tons foncés, phéomélanine pour les tons clairs/roux) détermine la couleur. Les cheveux gris/blancs résultent de l’arrêt de production de mélanine par les mélanocytes.

Les trois couches de la tige capillaire

La tige visible présente une structure en trois couches concentriques.

La cuticule (couche externe)

C’est la couche protectrice externe du cheveu.

La cuticule est composée de cellules plates kératinisées disposées comme des tuiles de toit. Elle protège les couches internes des agressions mécaniques et chimiques. Une cuticule intacte et lisse réfléchit la lumière, donnant brillance au cheveu. Une cuticule abîmée (par traitements chimiques, chaleur excessive) rend le cheveu terne et poreux. La cuticule est translucide, laissant transparaître la couleur du cortex.

Le cortex (couche intermédiaire)

C’est la couche principale du cheveu, la plus épaisse.

Le cortex représente 75 à 90% de la masse totale du cheveu. Il contient les fibres de kératine organisées en structure hélicoïdale. C’est dans le cortex que résident la mélanine (couleur) et les propriétés mécaniques. La résistance à la traction, l’élasticité et la texture dépendent du cortex. Les traitements permanents (défrisage, permanente) modifient la structure du cortex.

La medulla (couche centrale)

C’est le cœur du cheveu, présent dans les cheveux épais.

La medulla est une zone centrale spongieuse souvent discontinue. Elle est absente dans les cheveux fins et clairs, présente dans les cheveux épais. Sa fonction exacte reste débattue, probablement structurale et isolante. Elle contient des espaces d’air conférant légèreté et isolation thermique.

Coupe transversale d'un cheveu montrant cuticule, cortex et medulla

Le cycle de vie du follicule pileux

Chaque follicule passe par des phases cycliques de croissance et repos.

Phase anagène (croissance)

C’est la phase de production active du cheveu.

Elle dure de 2 à 7 ans en moyenne (plus long chez les femmes). Environ 85 à 90% des cheveux sont en phase anagène simultanément. Le bulbe est actif, les cellules se divisent rapidement formant le cheveu. La durée de l’anagène détermine la longueur maximale atteignable. Dans la calvitie, la phase anagène se raccourcit progressivement.

Phase catagène (transition)

C’est une courte phase de transition.

Elle dure 2 à 3 semaines seulement. L’activité du bulbe cesse, la croissance s’arrête. Le follicule se rétracte et le bulbe remonte vers la surface. Environ 1% des cheveux sont en phase catagène à un moment donné.

Phase télogène (repos)

C’est la phase de repos avant la chute.

Elle dure environ 3 mois. Le cheveu reste ancré mais ne pousse plus. Le bulbe se kératinise formant un “bulbe en massue” blanc. Environ 10 à 15% des cheveux sont en télogène simultanément. À la fin du télogène, le cheveu tombe naturellement (50 à 100 cheveux par jour).

Phase exogène (chute)

C’est le moment de la chute proprement dite.

Le nouveau cheveu anagène pousse sous l’ancien télogène et l’expulse. C’est pourquoi on trouve souvent un bulbe blanc à l’extrémité des cheveux tombés. Cette chute est normale et ne signifie pas une perte définitive. Le follicule entre immédiatement en nouvelle phase anagène.

Les cheveux sont-ils de la matière morte ?

Cette question fréquente révèle une incompréhension courante.

La tige : matière morte

La partie visible du cheveu est effectivement morte.

Une fois que les cellules de kératine émergent du cuir chevelu, elles sont mortes et kératinisées. C’est pourquoi couper les cheveux ne fait pas mal et ne fait pas saigner. La tige capillaire ne peut pas se régénérer ou se réparer seule. Les produits capillaires ne peuvent que protéger ou lisser temporairement la structure existante.

La racine : structure vivante

La racine du cheveu est bel et bien vivante.

Le bulbe pileux contient des cellules en division active constante. Ces cellules sont nourries par les vaisseaux sanguins de la papille dermique. Les follicules répondent aux signaux hormonaux et nerveux. C’est au niveau de cette partie vivante que les traitements médicamenteux (finastéride, minoxidil) agissent.

Implications pratiques

Cette distinction explique plusieurs aspects de la santé capillaire.

Les traitements topiques doivent pénétrer jusqu’au follicule pour être efficaces. Couper les cheveux n’accélère ni ne ralentit leur croissance (mythe). Les dommages à la tige (fourches, cassures) sont irréversibles, seule la prévention fonctionne. La nutrition et les suppléments agissent sur la racine via la circulation sanguine.

Variations ethniques et individuelles

La structure du cheveu varie selon les populations et les individus.

Formes du cheveu

La forme de la tige varie créant différentes textures.

Les cheveux asiatiques ont généralement une section transversale ronde et sont raides. Les cheveux caucasiens ont une section ovale et sont ondulés à raides. Les cheveux africains ont une section elliptique aplatie et sont frisés à crépus. La courbure du follicule détermine la forme finale du cheveu.

Diamètre et densité

Ces paramètres varient considérablement.

Le diamètre moyen d’un cheveu est de 50 à 100 micromètres. Les cheveux asiatiques sont généralement les plus épais (100 µm en moyenne). La densité capillaire moyenne est de 100 000 à 150 000 cheveux sur la tête. Les blonds ont souvent plus de cheveux (150 000) mais plus fins. Les roux en ont moins (90 000) mais plus épais.

Vitesse de croissance

La pousse varie selon plusieurs facteurs.

En moyenne, les cheveux poussent de 1 à 1,5 cm par mois. Les variations individuelles vont de 0,5 à 2 cm par mois. Les cheveux poussent légèrement plus vite en été qu’en hiver. L’âge, la santé générale et la nutrition influencent la vitesse. Les hormones jouent un rôle majeur dans la régulation.

Applications pratiques de cette connaissance

Comprendre l’anatomie aide à optimiser les soins et traitements.

Pour les traitements médicaux

Cette connaissance éclaire les mécanismes d’action.

Le finastéride agit sur la papille dermique en réduisant la DHT. Le minoxidil stimule les cellules de la matrice dans le bulbe. La greffe de cheveux transplante le follicule entier (racine + bulbe). Les traitements ne peuvent pas “réparer” une tige abîmée, seulement influencer la production future.

Pour les soins cosmétiques

La structure guide le choix des produits.

Les shampoings nettoient la tige et le cuir chevelu sans affecter la racine. Les après-shampoings lissent la cuticule pour plus de brillance et démêlage. Les masques hydratent temporairement mais ne pénètrent pas la racine. Les huiles protègent la cuticule des agressions extérieures. Aucun produit cosmétique ne modifie la structure intrinsèque du cheveu vivant.

Pour comprendre les problèmes capillaires

L’anatomie explique les différentes pathologies.

La calvitie résulte d’une miniaturisation du follicule et du bulbe. Les cheveux cassants indiquent des dommages à la cuticule et au cortex. La chute excessive peut révéler une perturbation du cycle folliculaire. Les carences nutritionnelles affectent la qualité produite au niveau du bulbe.

Questions fréquentes

Pourquoi y a-t-il un bulbe blanc quand un cheveu tombe ?

Le bulbe blanc visible à l’extrémité d’un cheveu tombé est la partie kératinisée de la racine en phase télogène (repos). Ce n’est PAS le follicule pileux lui-même qui reste dans la peau. Ce bulbe blanc est normal et signifie simplement que le cheveu a terminé son cycle naturel. Le follicule va immédiatement produire un nouveau cheveu en phase anagène. Voir ce bulbe ne signifie donc pas une perte définitive.

Les cheveux poussent-ils après la mort ?

Non, c’est un mythe. Les cheveux ne poussent pas après la mort car la croissance nécessite une activité cellulaire, une circulation sanguine et de l’énergie. L’illusion de pousse post-mortem vient de la rétraction de la peau (déshydratation) qui fait paraître les cheveux plus longs. La même illusion explique le mythe de la “barbe qui pousse après la mort”.

Peut-on renforcer la racine du cheveu ?

Indirectement oui, en optimisant la santé du follicule. Une alimentation équilibrée fournit les nutriments nécessaires via la papille dermique. Les traitements comme le minoxidil stimulent l’activité du bulbe. Le massage du cuir chevelu améliore la circulation locale. Cependant, on ne peut pas modifier fondamentalement la génétique du follicule qui détermine son comportement.

Combien pèse un cheveu ?

Un cheveu humain pèse en moyenne 0,5 à 1,5 milligramme selon son épaisseur et sa longueur. L’ensemble de la chevelure (100 000 à 150 000 cheveux) pèse donc environ 50 à 150 grammes. Cette légèreté s’explique par la structure majoritairement protéique et la présence d’espaces d’air dans la medulla.

La structure du cheveu change-t-elle avec l’âge ?

Oui, plusieurs changements surviennent. Le diamètre des cheveux diminue progressivement (affinement). La production de mélanine ralentit puis cesse (cheveux gris/blancs). La phase anagène se raccourcit, les cheveux poussent moins longtemps. La densité capillaire diminue naturellement. La production de sébum change, affectant texture et brillance. Ces modifications sont normales mais peuvent être accentuées par des facteurs pathologiques.

Conclusion

Comprendre l’anatomie du cheveu et de sa racine permet de mieux saisir les mécanismes des pathologies capillaires et l’action des différents traitements. Le cheveu est une structure sophistiquée où seule la racine cachée est vivante et active, tandis que la tige visible est composée de cellules mortes kératinisées.

Cette connaissance aide à faire des choix éclairés en matière de soins capillaires, à comprendre pourquoi certains traitements agissent (ils ciblent le follicule vivant) et d’autres non (ils ne peuvent que protéger la tige morte). Que vous cherchiez à prévenir la chute de cheveux, à optimiser leur croissance ou simplement à mieux les entretenir, cette compréhension anatomique est fondamentale.

Note éducative : Les informations de cet article sont fournies à titre éducatif sur l’anatomie capillaire. Pour des problèmes spécifiques de chute de cheveux ou de santé capillaire, consultez un dermatologue qui pourra examiner vos follicules et recommander des traitements adaptés à votre situation.

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