C
Calvitie.info
Alopécie

Alopécie Androgénétique Femme : Causes, Diagnostic et...

L'alopécie androgénétique touche 40% des femmes après 50 ans. Découvrez les causes de cette calvitie féminine, comment la reconnaître et les...

Dr. Claire Morel, Dermatologue
26 janvier 2026 16 min de lecture

Mis à jour le 27 janvier 2026

Femme examinant ses cheveux clairsemés au niveau de la raie centrale

Femme observant un éclaircissement de ses cheveux au niveau de la raie

L’alopécie androgénétique féminine, souvent appelée calvitie féminine, est une condition bien plus répandue qu’on ne le pense. Contrairement aux hommes qui perdent leurs cheveux selon un schéma bien défini avec recul frontal et vertex dégarni, les femmes présentent généralement un éclaircissement diffus centré sur le dessus de la tête. Cette différence de présentation fait que l’alopécie féminine est souvent sous-diagnostiquée ou confondue avec d’autres formes de chute de cheveux.

Ce guide complet vous explique les mécanismes de l’alopécie androgénétique chez la femme, comment la distinguer des autres causes de chute, et surtout quelles sont les options thérapeutiques efficaces disponibles.

Qu’est-ce que l’alopécie androgénétique féminine ?

L’alopécie androgénétique féminine est la forme la plus courante de perte de cheveux permanente chez la femme, affectant environ 40% des femmes de plus de 50 ans.

Différence avec la calvitie masculine

Selon les études du NCBI, l’alopécie androgénétique se manifeste différemment chez l’homme et la femme.

Chez l’homme, la calvitie suit le schéma de Norwood-Hamilton : recul des golfes temporaux, éclaircissement du vertex, puis fusion progressive des zones dégarnies. La ligne frontale recule et des zones totalement chauves peuvent apparaître.

Chez la femme, le schéma est différent. L’éclaircissement est diffus et centré sur le dessus de la tête. La ligne frontale est généralement préservée. La perte de densité est progressive mais rarement totale. Le cuir chevelu devient de plus en plus visible à travers les cheveux.

Cette différence s’explique par des variations dans la sensibilité des follicules et la distribution des récepteurs aux androgènes entre les sexes.

Prévalence et âge de survenue

L’alopécie androgénétique féminine peut débuter dès l’adolescence, mais devient cliniquement visible le plus souvent après 40 ans.

Environ 12% des femmes présentent des signes d’alopécie avant 30 ans. Ce chiffre monte à 25% entre 40 et 50 ans. Après 65 ans, plus de 50% des femmes sont affectées à des degrés divers.

La ménopause constitue souvent un tournant, la chute des œstrogènes révélant ou aggravant une alopécie préexistante.

Évolution de l'alopécie androgénétique féminine selon les stades de Ludwig

Les causes de l’alopécie androgénétique féminine

Comprendre les mécanismes permet de mieux appréhender les options thérapeutiques.

Le rôle des hormones

L’alopécie androgénétique résulte de l’action des androgènes sur les follicules pileux génétiquement sensibles.

Selon l’American Academy of Dermatology, la DHT (dihydrotestostérone) joue un rôle central. Cette hormone, dérivée de la testostérone, provoque la miniaturisation progressive des follicules sensibles. Le cheveu devient de plus en plus fin à chaque cycle de croissance jusqu’à devenir invisible.

Chez la femme, plusieurs situations peuvent favoriser cette alopécie. Un excès d’androgènes peut survenir dans le syndrome des ovaires polykystiques, les tumeurs ovariennes ou surrénaliennes, ou certains traitements hormonaux. Une sensibilité accrue des follicules aux androgènes, même normaux, est fréquente et génétiquement déterminée. La diminution des œstrogènes protecteurs à la ménopause démasque l’effet des androgènes.

La prédisposition génétique

La composante héréditaire est importante. Les femmes dont la mère ou les tantes sont atteintes ont un risque accru. Cependant, l’alopécie peut aussi survenir sans antécédent familial connu.

Les gènes impliqués concernent les récepteurs aux androgènes, les enzymes du métabolisme hormonal et d’autres facteurs encore mal identifiés.

Facteurs aggravants

Certains facteurs peuvent déclencher ou aggraver une alopécie androgénétique latente.

Le stress chronique perturbe les cycles hormonaux et peut accélérer la chute. Les carences nutritionnelles, particulièrement en fer, peuvent coexister et aggraver le tableau. Le tabagisme altère la microcirculation du cuir chevelu. Certains médicaments à effet androgénique peuvent déclencher ou aggraver l’alopécie.

Comment reconnaître l’alopécie androgénétique féminine

L’auto-diagnostic est difficile car l’alopécie féminine progresse lentement et peut ressembler à d’autres formes de chute de cheveux.

Les signes caractéristiques

Plusieurs indices évoquent une alopécie androgénétique.

On observe un élargissement progressif de la raie médiane, le cuir chevelu devenant de plus en plus visible. L’éclaircissement touche principalement le dessus de la tête (zone vertex) tout en préservant la ligne frontale. La queue de cheval ou le chignon semblent moins épais qu’avant. Les cheveux deviennent plus fins, surtout sur le dessus. La chute est progressive sur des mois ou années, sans début brutal.

Ce qui distingue l’alopécie androgénétique

Contrairement à l’effluvium télogène (chute diffuse temporaire), l’alopécie androgénétique progresse lentement et ne s’améliore pas spontanément. Contrairement à la pelade, il n’y a pas de plaques totalement chauves bien délimitées. Contrairement à l’alopécie de traction, les zones affectées ne correspondent pas aux zones de tension des coiffures.

La classification de Ludwig

Selon une étude publiée dans PubMed, la classification de Ludwig décrit trois stades de sévérité.

Le stade I correspond à un éclaircissement léger au niveau de la raie médiane. Le cuir chevelu devient légèrement visible mais l’atteinte reste discrète.

Le stade II montre un éclaircissement modéré plus étendu. La zone affectée s’élargit et la perte de densité devient évidente.

Le stade III représente une atteinte sévère avec éclaircissement marqué sur toute la couronne. Le cuir chevelu est nettement visible à travers une chevelure très clairsemée.

Consultation dermatologique avec trichoscopie pour diagnostic d'alopécie féminine

Diagnostic de l’alopécie androgénétique féminine

Un diagnostic précis est essentiel car d’autres conditions peuvent mimer l’alopécie androgénétique.

L’examen clinique

Le dermatologue examine le cuir chevelu, évalue le schéma de perte et recherche des signes associés. Il analyse la raie médiane et compare avec les zones temporales. Il recherche des signes d’hyperandrogénie comme l’acné, l’hirsutisme ou des irrégularités menstruelles.

La trichoscopie

Cet examen non invasif grossit le cuir chevelu et les cheveux pour identifier des signes spécifiques.

Dans l’alopécie androgénétique, on observe une variabilité du diamètre des cheveux (miniaturisation), une augmentation des cheveux fins (vellus), une diminution du nombre de cheveux par unité folliculaire, et l’absence de signes cicatriciels ou inflammatoires.

Le bilan sanguin

Un bilan hormonal peut être prescrit, surtout en cas de signes d’hyperandrogénie associés.

Le bilan recherche la testostérone totale et libre, la DHEA-S et le delta-4-androstènedione, la FSH et la LH, la TSH thyroïdienne, ainsi que le fer et la ferritine pour éliminer une carence associée.

Des anomalies hormonales orientent vers une cause traitable (syndrome des ovaires polykystiques, tumeur).

La biopsie du cuir chevelu

Rarement nécessaire, elle peut confirmer le diagnostic dans les cas douteux en montrant la miniaturisation folliculaire caractéristique.

Traitements de l’alopécie androgénétique féminine

Plusieurs options thérapeutiques permettent de stabiliser la chute et parfois d’obtenir une repousse.

Le minoxidil : traitement de première intention

Le minoxidil topique est le seul traitement approuvé spécifiquement pour l’alopécie androgénétique féminine.

Le minoxidil à 2% est appliqué deux fois par jour sur le cuir chevelu. La formulation à 5% peut être utilisée une fois par jour. Le minoxidil prolonge la phase de croissance des cheveux et augmente leur diamètre.

Les résultats montrent une stabilisation chez la majorité des femmes et une repousse significative chez environ 40% des patientes. Les effets sont visibles après quatre à six mois de traitement régulier. L’arrêt du traitement entraîne une reprise de la chute dans les mois suivants.

Les effets secondaires possibles incluent une hypertrichose faciale (duvet sur le visage), une irritation du cuir chevelu, et rarement des effets cardiovasculaires.

Les anti-androgènes

Chez les femmes avec hyperandrogénie ou résistantes au minoxidil, des anti-androgènes peuvent être prescrits.

La spironolactone bloque les récepteurs aux androgènes et réduit leur production. Elle est souvent utilisée à 100-200 mg par jour. Elle est contre-indiquée en cas de grossesse et nécessite une contraception efficace.

L’acétate de cyprotérone (Androcur) a une action anti-androgénique puissante mais son usage est limité par ses effets secondaires potentiels.

Le finastéride est parfois prescrit hors AMM chez la femme ménopausée, bien que son efficacité soit moins établie que chez l’homme.

Les traitements complémentaires

D’autres approches peuvent soutenir le traitement principal.

Le PRP (Plasma Riche en Plaquettes) injecté dans le cuir chevelu stimule les follicules et peut améliorer la densité. Le microneedling associé au minoxidil améliore sa pénétration et son efficacité. Les compléments alimentaires corrigent d’éventuelles carences associées mais n’ont pas d’effet direct sur l’alopécie androgénétique. La LED thérapie à lumière rouge peut compléter le traitement.

La greffe de cheveux

Pour les femmes avec une alopécie stabilisée et des attentes réalistes, la greffe de cheveux FUE peut restaurer de la densité.

La zone donneuse (arrière de la tête) doit être suffisamment fournie. La technique FUE prélève des follicules individuellement pour un résultat naturel. Plusieurs séances peuvent être nécessaires selon l’étendue de l’atteinte.

L’alopécie androgénétique est-elle réversible ?

Cette question préoccupe beaucoup de femmes. La réponse est nuancée.

L’alopécie androgénétique ne se résout pas spontanément. Sans traitement, elle continue de progresser. Les traitements permettent de stabiliser la chute et parfois d’obtenir une repousse partielle.

Cependant, les follicules définitivement atrophiés ne peuvent pas être récupérés. Plus le traitement est débuté tôt, meilleurs sont les résultats. Un traitement maintenu dans la durée permet de conserver les bénéfices.

Impact psychologique et accompagnement

La perte de cheveux peut être particulièrement difficile à vivre pour une femme.

L’impact émotionnel

Les cheveux sont associés à la féminité et à l’identité. Leur perte peut entraîner une baisse de l’estime de soi, de l’anxiété sociale, une dépression dans certains cas, et un impact sur la vie professionnelle et amoureuse.

Stratégies d’adaptation

Plusieurs approches peuvent aider à mieux vivre cette condition.

Des coiffures volumisantes et des poudres capillaires donnent l’illusion de plus de densité. Des accessoires comme les bandeaux, foulards ou chapeaux permettent de varier les looks. Des perruques ou prothèses capillaires de qualité offrent une solution esthétique si nécessaire. Un soutien psychologique aide si la détresse est importante.

Groupes de soutien

Des associations de patients et des forums en ligne permettent de partager avec d’autres femmes dans la même situation. Ce soutien par les pairs peut être précieux.

Questions fréquentes

L’alopécie androgénétique féminine peut-elle se développer après la grossesse ?

La grossesse et l’accouchement provoquent fréquemment un effluvium télogène (chute temporaire) deux à quatre mois après l’accouchement. Cependant, chez certaines femmes prédisposées, cet épisode peut révéler ou accélérer une alopécie androgénétique sous-jacente. Si la chute persiste plus de six mois après l’accouchement, consultez un dermatologue.

Peut-on prendre du finastéride quand on est une femme ?

Le finastéride est contre-indiqué chez les femmes en âge de procréer en raison du risque de malformation génitale du fœtus masculin. Chez la femme ménopausée, il peut être prescrit hors AMM mais son efficacité est moins établie que chez l’homme et les études sont moins nombreuses.

Les compléments alimentaires peuvent-ils traiter l’alopécie androgénétique ?

Les compléments (biotine, fer, zinc, vitamines) peuvent aider en cas de carence associée mais n’ont pas d’effet direct sur l’alopécie androgénétique dont les causes sont hormonales et génétiques. Ils ne remplacent pas les traitements spécifiques comme le minoxidil.

À quel âge l’alopécie androgénétique féminine commence-t-elle ?

Elle peut débuter dès l’adolescence mais devient le plus souvent visible entre 40 et 60 ans. La ménopause est un moment charnière où beaucoup de femmes remarquent un éclaircissement de leurs cheveux. Plus le début est précoce, plus une consultation dermatologique est importante pour un diagnostic précis.

L’alopécie androgénétique est-elle la seule cause de perte de cheveux chez la femme ?

Non, de nombreuses conditions peuvent provoquer une chute de cheveux chez la femme : effluvium télogène (stress, maladie, carence), troubles thyroïdiens, pelade, alopécies cicatricielles, etc. C’est pourquoi un diagnostic dermatologique est essentiel pour identifier la cause et proposer le traitement adapté.

Conclusion

L’alopécie androgénétique féminine est une condition fréquente qui peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie. Bien qu’elle ne soit pas complètement réversible, des traitements efficaces comme le minoxidil permettent de stabiliser la chute et parfois d’obtenir une amélioration de la densité capillaire.

Si vous constatez un éclaircissement progressif de vos cheveux, particulièrement au niveau de la raie, consultez un dermatologue pour un diagnostic précis. Plus le traitement est débuté tôt, meilleurs sont les résultats. Et rappelez-vous que vous n’êtes pas seule : des millions de femmes vivent avec cette condition et des solutions existent.

Avertissement médical : Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas une consultation médicale. Les traitements anti-androgènes nécessitent un suivi médical et une contraception efficace. Consultez un dermatologue pour un diagnostic et un plan de traitement personnalisés.

Partager cet article

Si ce contenu vous a été utile, partagez-le

Articles connexes

Aucun article connexe trouvé.