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Alopécie : Définition, Symptômes et Types de Perte de...

Qu'est-ce que l'alopécie ? Découvrez la définition médicale de cette perte de cheveux, ses différentes formes, symptômes et causes pour mieux...

Dr. François Leclerc, Dermatologue
26 janvier 2026 14 min de lecture

Mis à jour le 27 janvier 2026

Illustration médicale montrant les différentes formes d'alopécie

Schéma médical illustrant le concept d'alopécie et la perte de cheveux

Le terme alopécie est souvent utilisé de manière générique pour désigner toute perte de cheveux. Cependant, d’un point de vue médical, l’alopécie recouvre un ensemble de conditions distinctes, chacune ayant ses propres causes, mécanismes et traitements. Comprendre ce qu’est exactement l’alopécie et ses différentes formes est essentiel pour identifier la cause de sa propre perte de cheveux et trouver le traitement approprié.

Ce guide vous présente la définition médicale de l’alopécie, ses différents types, les symptômes à reconnaître et les démarches diagnostiques à entreprendre.

Définition médicale de l’alopécie

Selon les publications du NCBI, l’alopécie se définit comme une perte de cheveux ou de poils, partielle ou totale, temporaire ou permanente.

Étymologie et signification

Le terme “alopécie” vient du grec ancien “alopekia” (ἀλωπεκία), lui-même dérivé de “alopex” (ἀλώπηξ) signifiant “renard”. Cette origine fait référence à la pelade du renard, animal connu pour perdre ses poils par plaques.

En médecine, l’alopécie désigne toute diminution de la densité capillaire au-delà de la chute physiologique normale. Elle peut toucher le cuir chevelu mais aussi d’autres zones pileuses du corps comme la barbe, les sourcils, les cils ou les poils corporels.

Alopécie versus chute de cheveux normale

Il est important de distinguer l’alopécie de la chute de cheveux physiologique normale.

Chute normale

Nous perdons naturellement 50 à 100 cheveux par jour dans le cadre du cycle capillaire normal. Ces cheveux sont remplacés par de nouveaux cheveux qui poussent à partir des mêmes follicules. Cette chute quotidienne ne modifie pas la densité globale de la chevelure.

Alopécie pathologique

L’alopécie se définit par une chute dépassant 100 cheveux par jour de manière prolongée, une diminution visible de la densité capillaire, une absence de repousse compensant la chute, ou des zones localisées totalement dépourvues de cheveux.

Les grandes catégories d’alopécie

Les dermatologues distinguent deux grandes catégories d’alopécie selon l’état des follicules pileux.

Alopécies non cicatricielles

Dans ces formes, les follicules pileux sont préservés même s’ils ne produisent plus de cheveux visibles. Une repousse est théoriquement possible car la structure folliculaire reste intacte. C’est le cas de l’alopécie androgénétique, de la pelade ou de l’effluvium télogène.

Alopécies cicatricielles

Dans ces formes plus graves, les follicules pileux sont détruits et remplacés par du tissu cicatriciel. La perte est définitive et irréversible. Seule la greffe de cheveux peut restaurer les zones atteintes.

Classification des alopécies cicatricielles et non cicatricielles

Les différents types d’alopécie

L’alopécie recouvre de nombreuses conditions aux causes et manifestations variées.

L’alopécie androgénétique

C’est la forme la plus fréquente, responsable de plus de 95% des cas de calvitie.

Chez l’homme

L’alopécie androgénétique masculine touche 50% des hommes de 50 ans. Elle se caractérise par un recul des golfes temporaux et un éclaircissement du vertex. La DHT provoque la miniaturisation progressive des follicules génétiquement sensibles.

Chez la femme

L’alopécie androgénétique féminine se manifeste par un éclaircissement diffus centré sur la raie médiane, avec préservation de la ligne frontale. Elle touche 40% des femmes après 50 ans.

La pelade (alopécie areata)

Selon l’American Academy of Dermatology, la pelade est une maladie auto-immune touchant environ 2% de la population.

Le système immunitaire attaque les follicules pileux, provoquant une chute soudaine en plaques rondes ou ovales. La peau des zones atteintes est lisse et sans cicatrice. La pelade peut se limiter à quelques plaques (pelade en plaques), toucher tout le cuir chevelu (pelade totale) ou l’ensemble des poils du corps (pelade universelle).

L’évolution est imprévisible avec possibilité de repousse spontanée ou de rechutes.

L’effluvium télogène

L’effluvium télogène est une chute diffuse et temporaire des cheveux survenant deux à quatre mois après un événement déclencheur.

Les causes incluent le stress intense, une maladie aiguë ou une intervention chirurgicale, l’accouchement (effluvium post-partum), les régimes drastiques et carences nutritionnelles, ainsi que certains médicaments.

Cette forme est généralement réversible une fois la cause traitée. La repousse complète prend six à douze mois.

Les alopécies cicatricielles

Ces formes détruisent définitivement les follicules pileux. Selon Dermato-Info, elles nécessitent un diagnostic et un traitement rapides pour limiter l’extension.

Principales formes

Le lichen plan pilaire provoque inflammation et fibrose autour des follicules. Le lupus discoïde du cuir chevelu s’accompagne de plaques rouges et squameuses. La folliculite décalvante est une infection chronique des follicules. L’alopécie frontale fibrosante touche principalement les femmes ménopausées.

L’alopécie de traction

Cette forme résulte d’une tension prolongée sur les cheveux due à certaines coiffures comme les tresses serrées, les queues de cheval tirées ou les extensions.

Aux stades précoces, elle est réversible si les pratiques traumatisantes cessent. Prolongée, elle peut devenir cicatricielle et définitive.

L’alopécie médicamenteuse

De nombreux médicaments peuvent provoquer une chute de cheveux temporaire. Les chimiothérapies provoquent une alopécie souvent totale mais réversible. Certains anticoagulants, antidépresseurs et antihypertenseurs peuvent également induire une chute.

Symptômes de l’alopécie

Reconnaître les signes d’une alopécie permet de consulter précocement et d’améliorer le pronostic.

Symptômes généraux

Plusieurs signes peuvent indiquer une alopécie en développement.

Une augmentation de la chute de cheveux se traduit par plus de cheveux sur l’oreiller, la brosse ou dans la douche. L’éclaircissement visible apparaît quand le cuir chevelu devient plus apparent à travers les cheveux. L’élargissement de la raie médiane est un signe précoce fréquent chez la femme. Le recul de la ligne frontale et des tempes est caractéristique chez l’homme. La diminution du volume de la queue de cheval ou du chignon témoigne d’une perte de densité globale.

Symptômes selon le type d’alopécie

Alopécie androgénétique

L’évolution est progressive sur des mois ou années. L’amincissement des cheveux (miniaturisation) précède la chute. Les zones touchées sont prévisibles, à savoir les tempes et le vertex chez l’homme et le sommet du crâne chez la femme.

Pelade

L’apparition est soudaine en quelques jours ou semaines. Des plaques rondes totalement glabres se forment. La peau sous-jacente est normale et sans inflammation. Des cheveux en “point d’exclamation” apparaissent en périphérie.

Effluvium télogène

On observe une chute diffuse et massive deux à quatre mois après un événement déclencheur. La chute est homogène sur tout le cuir chevelu et temporaire.

Alopécies cicatricielles

Des signes inflammatoires comme rougeurs, squames, pustules ou démangeaisons peuvent être présents. La peau apparaît cicatricielle, brillante ou atrophique dans les zones atteintes.

Comparaison visuelle des symptômes des différents types d'alopécie

Diagnostic de l’alopécie

Face à une perte de cheveux, un diagnostic précis est essentiel pour orienter le traitement.

La consultation dermatologique

Le dermatologue est le spécialiste de référence pour le diagnostic des alopécies.

L’interrogatoire

Le médecin recueille des informations sur l’histoire de la chute, son mode de début (progressif ou brutal) et sa chronologie. Il recherche des événements déclencheurs potentiels comme un stress, une maladie ou un médicament. Il s’informe des antécédents familiaux de calvitie ou de maladies auto-immunes et des habitudes capillaires incluant les coiffures et les produits utilisés.

L’examen clinique

Le dermatologue examine le cuir chevelu, évalue le schéma de perte et recherche des signes associés. Il pratique le test de traction (pull test) pour évaluer l’activité de la chute. Il examine les autres zones pileuses si nécessaire.

Les examens complémentaires

La trichoscopie

Cet examen non invasif à l’aide d’un dermoscope grossissant permet d’observer le cuir chevelu et les cheveux. Il identifie des signes spécifiques de chaque type d’alopécie comme la miniaturisation dans l’alopécie androgénétique ou les points noirs et jaunes dans la pelade.

Le bilan sanguin

Un bilan peut rechercher des carences en fer, ferritine, zinc, vitamines B et D, des anomalies thyroïdiennes avec la TSH, des déséquilibres hormonaux avec androgènes, FSH et LH, ainsi que des marqueurs d’auto-immunité.

La biopsie du cuir chevelu

Réservée aux cas diagnostiques difficiles, elle permet une analyse histologique pour distinguer les différents types d’alopécie, notamment cicatricielles.

Quand consulter

Consultez un dermatologue si la chute de cheveux dépasse 100 cheveux par jour pendant plus de quelques semaines, si vous constatez un éclaircissement visible ou des zones sans cheveux, si la chute s’accompagne de démangeaisons, rougeurs ou douleurs du cuir chevelu, ou si vous avez des antécédents familiaux de calvitie et souhaitez agir précocement.

Évolution et pronostic

Le pronostic varie considérablement selon le type d’alopécie.

Alopécies réversibles

L’effluvium télogène se résout généralement en six à douze mois une fois la cause traitée. La pelade en plaques limitées a un bon pronostic avec repousse spontanée dans 80% des cas. L’alopécie de traction est réversible si détectée et stoppée précocement.

Alopécies stabilisables

L’alopécie androgénétique ne guérit pas spontanément mais peut être stabilisée par les traitements comme le finastéride chez l’homme ou le minoxidil. Une repousse partielle est possible si le traitement est débuté tôt.

Alopécies irréversibles

Les alopécies cicatricielles détruisent définitivement les follicules. Les formes sévères de pelade (totale, universelle) peuvent persister. Seule la greffe de cheveux peut restaurer les zones définitivement dégarnies.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre alopécie et calvitie ?

La calvitie désigne spécifiquement l’alopécie androgénétique, forme la plus courante de perte de cheveux permanente. L’alopécie est un terme médical plus large qui englobe toutes les formes de perte de cheveux ou de poils, y compris la calvitie mais aussi la pelade, l’effluvium et les alopécies cicatricielles.

L’alopécie est-elle héréditaire ?

Cela dépend du type. L’alopécie androgénétique a une forte composante génétique transmise par les deux parents. La pelade a également une prédisposition familiale, bien que moins marquée. Les autres formes (effluvium, traction) ne sont pas héréditaires.

L’alopécie est-elle contagieuse ?

Non, aucune forme d’alopécie n’est contagieuse. Même la pelade, qui est auto-immune, ne se transmet pas d’une personne à l’autre. En revanche, la teigne du cuir chevelu (infection fongique) qui peut ressembler à une alopécie est contagieuse.

À quel médecin s’adresser pour une alopécie ?

Le dermatologue est le spécialiste de référence pour le diagnostic et le traitement des alopécies. Votre médecin généraliste peut réaliser un premier bilan et vous orienter. Certains dermatologues sont spécialisés en trichologie (science du cheveu).

Peut-on prévenir l’alopécie ?

Pour l’alopécie androgénétique, un traitement précoce peut ralentir ou stopper la progression. Pour l’effluvium télogène, une alimentation équilibrée et la gestion du stress sont préventives. Pour l’alopécie de traction, éviter les coiffures traumatisantes est la meilleure prévention.

Conclusion

L’alopécie est un terme médical englobant de nombreuses formes de perte de cheveux, de la calvitie androgénétique banale aux alopécies cicatricielles plus graves. Chaque type a ses propres causes, son évolution et ses traitements spécifiques.

Face à une perte de cheveux inhabituelle, la première étape est de consulter un dermatologue pour obtenir un diagnostic précis. Ce diagnostic orientera vers le traitement le plus adapté et permettra d’établir un pronostic réaliste. Plus l’alopécie est prise en charge précocement, meilleures sont généralement les chances de stabilisation ou de repousse.

Avertissement médical : Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas une consultation médicale. Consultez un dermatologue pour un diagnostic précis et des recommandations personnalisées.

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