Alopécie : Maladies Causant la Perte de Poils et Cheveux
Découvrez les maladies causant l'alopécie et la perte de poils sur le corps. Causes, symptômes et traitements de ces pathologies dermatologiques.
Mis à jour le 27 janvier 2026

L’alopécie ne touche pas uniquement le cuir chevelu. De nombreuses maladies peuvent provoquer une perte de poils sur l’ensemble du corps, des jambes aux sourcils en passant par la barbe. Cette perte peut être le signe d’une pathologie dermatologique, hormonale ou systémique qu’il est important d’identifier.
Ce guide vous présente les différentes maladies responsables de la perte de poils, leurs causes, leurs symptômes caractéristiques et les options de traitement disponibles.
Qu’est-ce que l’alopécie ?
L’alopécie est un terme médical désignant toute perte anormale de cheveux ou de poils.
Définition médicale
Selon les publications du NCBI, l’alopécie se définit comme une diminution de la densité pilaire au-delà de la chute physiologique normale.
Elle peut toucher le cuir chevelu (cheveux) mais aussi toutes les autres zones pileuses du corps. Les sourcils, cils, barbe, poils des bras, jambes, torse ou pubis peuvent être affectés. L’alopécie peut être localisée ou généralisée, temporaire ou permanente.
Types d’alopécie selon la localisation
On distingue plusieurs formes selon les zones touchées.
L’alopécie du cuir chevelu est la plus fréquente et recouvre la calvitie androgénétique, la pelade et d’autres formes. L’alopécie de la barbe (alopecia barbae) touche spécifiquement la zone de rasage chez l’homme. L’alopécie des sourcils et cils peut être isolée ou associée à une atteinte du cuir chevelu. L’alopécie corporelle affecte les poils du corps (jambes, bras, torse).
Principales maladies causant une perte de poils
De nombreuses pathologies peuvent provoquer une alopécie.
L’alopécie androgénétique
C’est la cause la plus fréquente de perte de cheveux, touchant 50% des hommes de 50 ans.
L’alopécie androgénétique masculine est liée à la sensibilité des follicules à la DHT (dihydrotestostérone). Elle provoque un recul des golfes temporaux et un éclaircissement du vertex. Elle touche rarement les poils du corps qui peuvent au contraire se développer davantage.
L’alopécie androgénétique féminine cause un éclaircissement diffus centré sur la raie médiane.
La pelade (alopécie areata)
La pelade est une maladie auto-immune pouvant toucher toutes les zones pileuses.
Selon l’American Academy of Dermatology, elle provoque des plaques rondes de calvitie complète. Elle peut atteindre le cuir chevelu seul ou s’étendre à la barbe, sourcils, cils et poils corporels. La pelade universelle entraîne la perte de tous les poils du corps.
Les alopécies cicatricielles
Ces formes détruisent définitivement les follicules pileux.
L’alopécie cicatricielle regroupe plusieurs pathologies comme le lichen plan pilaire qui peut toucher le cuir chevelu, les sourcils et les poils corporels, le lupus discoïde qui provoque des plaques cicatricielles, et la folliculite décalvante caractérisée par une inflammation et infection des follicules.
Les troubles thyroïdiens
La thyroïde joue un rôle majeur dans la santé du système pileux.
L’hypothyroïdie (thyroïde peu active) peut causer une chute de cheveux diffuse et une perte de poils au niveau des sourcils (tiers externe), de la barbe et du corps. L’hyperthyroïdie (thyroïde hyperactive) peut également provoquer une chute diffuse. Un bilan thyroïdien est souvent demandé face à une alopécie.
Les maladies auto-immunes
Plusieurs maladies auto-immunes peuvent affecter le système pileux.
Le lupus érythémateux peut causer une alopécie cicatricielle ou non. La sclérodermie peut entraîner une perte de poils dans les zones atteintes. La dermatomyosite peut affecter les cils et sourcils. Ces pathologies nécessitent une prise en charge rhumatologique ou interniste.

Perte de poils sur les jambes chez l’homme
La perte de poils au niveau des mollets et des jambes est un motif de consultation fréquent.
Causes de la perte de pilosité des jambes
Plusieurs conditions peuvent expliquer ce phénomène.
L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (problèmes circulatoires) réduit l’apport sanguin aux follicules. Le frottement chronique des vêtements serrés (chaussettes, pantalons) peut provoquer une alopécie de friction. Le diabète peut affecter la microcirculation et la santé des follicules. Les carences nutritionnelles (fer, zinc, vitamines) impactent la croissance pileuse.
Quand s’inquiéter
Certains signes doivent alerter.
Une perte de poils unilatérale (une seule jambe) peut signaler un problème vasculaire. Une perte associée à des douleurs à la marche (claudication) suggère une artériopathie. Une peau froide et pâle au niveau des pieds nécessite une évaluation médicale. Ces symptômes justifient une consultation pour vérifier la circulation sanguine.
Consultation recommandée
Face à une perte de poils des jambes inexpliquée, consultez votre médecin.
Un examen clinique évaluera les pouls périphériques. Un doppler artériel pourra être réalisé si nécessaire. Un bilan sanguin recherchera carences et troubles métaboliques.
Perte de poils des sourcils et cils
L’atteinte des sourcils et cils a des causes spécifiques.
Causes fréquentes
Plusieurs pathologies peuvent affecter cette zone.
La pelade ophtalmique touche spécifiquement les sourcils et cils. L’hypothyroïdie provoque classiquement une perte du tiers externe des sourcils (signe de Hertoghe). L’alopécie frontale fibrosante peut s’accompagner d’une perte des sourcils. La trichotillomanie (arrachage compulsif) peut cibler les sourcils.
Autres causes
Des facteurs locaux peuvent également intervenir.
Le maquillage excessif ou les allergies cosmétiques peuvent irriter les follicules. L’épilation répétée peut endommager définitivement certains follicules. Les infections locales (blépharite) peuvent affecter les cils. Certains médicaments peuvent provoquer une chute.
Diagnostic des maladies avec perte de poils
Face à une alopécie, un diagnostic précis est essentiel.
La consultation dermatologique
Le dermatologue est le spécialiste de référence.
L’interrogatoire porte sur l’histoire de la perte (début, évolution, localisation), les antécédents personnels et familiaux, les traitements en cours et les symptômes associés. L’examen clinique évalue les zones touchées, recherche des signes d’inflammation et examine les autres zones pileuses.
Examens complémentaires
Plusieurs examens peuvent être utiles.
Le bilan sanguin recherche des carences (fer, ferritine, zinc, vitamines), des anomalies thyroïdiennes (TSH, T4) et des marqueurs auto-immuns. La trichoscopie examine le cuir chevelu au dermoscope pour identifier des signes spécifiques. La biopsie cutanée peut être nécessaire dans les cas difficiles.
Orientation vers d’autres spécialistes
Selon les résultats, d’autres spécialistes peuvent intervenir.
L’endocrinologue pour les troubles thyroïdiens ou hormonaux. Le rhumatologue ou l’interniste pour les maladies auto-immunes systémiques. L’angiologue ou le cardiologue si un problème vasculaire est suspecté.
Traitements selon la cause
Le traitement dépend de la pathologie sous-jacente.
Traitement de l’alopécie androgénétique
Des traitements médicamenteux spécifiques existent.
Le finastéride bloque la conversion de testostérone en DHT chez l’homme. Le minoxidil stimule la croissance des cheveux chez l’homme et la femme. Ces traitements ne concernent pas la pilosité corporelle.
Traitement de la pelade
La pelade bénéficie de traitements immunomodulateurs.
Les corticoïdes topiques ou injectés réduisent l’inflammation locale. Les inhibiteurs de JAK (baricitinib, ritlecitinib) sont efficaces dans les formes sévères. L’évolution est souvent favorable dans les formes limitées.
Traitement des causes endocriniennes
Corriger le déséquilibre hormonal améliore l’alopécie.
Le traitement de l’hypothyroïdie par lévothyroxine peut permettre une repousse. La correction d’un déséquilibre androgénique chez la femme peut améliorer l’alopécie. Le traitement du diabète et l’équilibre glycémique favorisent la santé folliculaire.
Traitement des carences
La supplémentation corrige les déficits.
Le fer en cas de carence martiale documentée. Le zinc participe à la synthèse kératinique. La biotine (vitamine B8) soutient la croissance capillaire. Une alimentation équilibrée est fondamentale.

Prévention et conseils généraux
Certaines mesures peuvent préserver la santé du système pileux.
Alimentation et mode de vie
Un mode de vie sain soutient la croissance des poils.
Une alimentation riche en protéines, fer, zinc et vitamines B nourrit les follicules. La gestion du stress réduit le risque d’effluvium télogène. L’activité physique favorise une bonne circulation sanguine.
Précautions locales
Évitez les agressions répétées des zones pileuses.
Limitez les frottements excessifs (vêtements trop serrés). Évitez l’épilation excessive qui peut endommager les follicules. Utilisez des produits d’hygiène doux sur les zones pileuses.
Surveillance médicale régulière
Un suivi médical permet de détecter précocement certaines pathologies.
Un bilan de santé annuel peut identifier des troubles thyroïdiens ou des carences. Signalez tout changement inhabituel de votre pilosité à votre médecin.
Questions fréquentes
Pourquoi je perds mes poils sur les jambes ?
La perte de poils des jambes peut avoir plusieurs causes : problèmes circulatoires (artériopathie), frottement chronique des vêtements, troubles hormonaux, carences nutritionnelles ou certaines maladies de peau. Si la perte est asymétrique ou s’accompagne de symptômes (douleurs, peau froide), consultez un médecin pour vérifier la circulation sanguine.
La pelade peut-elle toucher tout le corps ?
Oui, la pelade peut évoluer vers une forme universelle (alopecia universalis) touchant tous les poils du corps. Cette forme représente environ 5% des cas de pelade. Elle affecte les cheveux, sourcils, cils, barbe et tous les poils corporels.
Quand consulter pour une perte de poils ?
Consultez si la perte est soudaine ou rapide, si elle s’accompagne de symptômes (démangeaisons, rougeurs, douleurs), si elle est asymétrique, si elle touche plusieurs zones ou si vous avez des antécédents de maladie auto-immune ou thyroïdienne.
Les poils repoussent-ils après une maladie ?
Cela dépend de la cause. Les alopécies non cicatricielles (pelade, effluvium, carences) permettent généralement une repousse une fois la cause traitée. Les alopécies cicatricielles détruisent définitivement les follicules et ne permettent pas de repousse spontanée.
Une carence peut-elle faire perdre les poils du corps ?
Oui, les carences en fer, zinc, vitamines B ou protéines peuvent affecter la croissance des poils sur tout le corps. Le bilan sanguin permet d’identifier ces déficits et la supplémentation corrige généralement le problème.
Conclusion
L’alopécie est un symptôme qui peut révéler de nombreuses maladies, des troubles hormonaux aux pathologies auto-immunes en passant par les problèmes circulatoires. La perte de poils ne doit pas être négligée, surtout lorsqu’elle touche des zones inhabituelles ou s’accompagne d’autres symptômes.
Consultez un dermatologue pour obtenir un diagnostic précis. Identifier la cause de la chute est la première étape vers un traitement efficace. De nombreuses pathologies sont traitables et permettent une repousse satisfaisante lorsqu’elles sont prises en charge précocement.
Avertissement médical : Les informations de cet article sont fournies à titre éducatif. Une perte de poils inhabituelle nécessite une consultation médicale pour en identifier la cause et bénéficier d’un traitement adapté.
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