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Origine de la Calvitie : Causes Génétiques, Hormonales...

D'où vient la calvitie ? Découvrez les véritables causes génétiques et hormonales de la calvitie masculine, le rôle de l'hérédité et pourquoi certains...

Dr. François Leclerc, Dermatologue
26 janvier 2026 15 min de lecture

Mis à jour le 27 janvier 2026

Schéma explicatif des causes génétiques et hormonales de la calvitie masculine

Illustration des facteurs génétiques et hormonaux à l'origine de la calvitie masculine

Pourquoi devient-on chauve ? La calvitie masculine (alopécie androgénétique) touche environ 50% des hommes à 50 ans et 85% à 70 ans. Loin d’être un simple effet du vieillissement, la calvitie résulte d’une interaction complexe entre prédisposition génétique et hormones masculines. Comprendre les véritables origines de la calvitie permet de mieux appréhender les traitements disponibles et les facteurs sur lesquels on peut agir.

Ce guide complet explique les causes profondes de la calvitie masculine : gènes impliqués, rôle de la DHT, mécanismes de la miniaturisation folliculaire, et pourquoi certains hommes sont touchés plus tôt et plus sévèrement que d’autres.

La calvitie est-elle une maladie ?

Avant d’explorer les causes, clarifions la nature de la calvitie.

Définition médicale

La calvitie est une condition physiologique, pas une maladie au sens strict.

Selon MedlinePlus Genetics, l’alopécie androgénétique est une variation normale de la physiologie humaine. Elle ne résulte pas d’une infection, d’un dysfonctionnement organique ou d’une pathologie. C’est une réponse génétiquement programmée à des hormones normalement présentes. Cependant, l’impact psychologique peut être significatif, justifiant une prise en charge médicale.

Différence avec les alopécies pathologiques

La calvitie se distingue d’autres pertes de cheveux pathologiques.

Les alopécies cicatricielles détruisent définitivement les follicules (pathologiques). La pelade est une maladie auto-immune (pathologique). Les carences nutritionnelles causent une chute temporaire (pathologique). La calvitie androgénétique est génétiquement déterminée et hormonalement médiée (physiologique).

Perspective évolutive

La calvitie a une dimension évolutive.

Certains théorisent que la calvitie signalait la maturité et le statut social dans les sociétés ancestrales. Elle pourrait avoir été sélectionnée positivement à certaines époques. Aujourd’hui, les normes esthétiques ont changé mais la condition persiste. Cette perspective normalise la calvitie comme variation humaine naturelle.

Les causes génétiques de la calvitie

La génétique est le facteur déterminant principal de la calvitie.

Un trait polygénique complexe

Contrairement aux idées reçues, de nombreux gènes sont impliqués.

Selon une étude génétique majeure, plus de 280 variants génétiques influencent le risque de calvitie. Ces gènes affectent le récepteur aux androgènes, la production d’enzymes, la sensibilité folliculaire et la réponse immunitaire. Aucun “gène unique de la calvitie” n’existe. C’est la combinaison de multiples variantes qui détermine votre risque.

Le mythe du “gène maternel”

L’idée que la calvitie vient uniquement de la mère est fausse.

L’hérédité de la calvitie est plus complexe. Le gène du récepteur aux androgènes (AR) sur le chromosome X vient effectivement de la mère. Mais ce n’est qu’un gène parmi des centaines impliqués. Les gènes autosomiques (non sexuels) viennent des deux parents également. Regarder uniquement le père ou le grand-père maternel ne suffit pas à prédire votre risque.

Héritabilité de la calvitie

La génétique explique 80 à 90% du risque de calvitie.

Si votre père et vos frères sont chauves, votre risque est significativement élevé. Si les deux côtés de la famille montrent de la calvitie, le risque augmente encore. Le degré de calvitie (léger vs sévère) est aussi héréditaire. L’âge de début a une composante génétique forte. Cependant, même avec une forte prédisposition, l’expression varie selon les facteurs hormonaux et environnementaux.

Variations ethniques

Les populations montrent des susceptibilités différentes.

Les hommes caucasiens ont le taux de calvitie le plus élevé. Les hommes asiatiques et africains sont légèrement moins touchés en moyenne. Les Amérindiens natifs ont des taux très bas de calvitie. Ces différences reflètent les variations génétiques entre populations. Elles prouvent le rôle central de la génétique.

Transmission génétique polygénique de la calvitie des parents aux enfants

Le rôle des hormones : DHT et testostérone

Les hormones masculines transforment la prédisposition génétique en calvitie visible.

La testostérone n’est pas directement responsable

C’est un mythe persistant que “trop de testostérone” cause la calvitie.

Les hommes chauves n’ont PAS des niveaux de testostérone plus élevés que les autres. La calvitie n’est pas un signe de virilité excessive. Ce n’est pas le niveau de testostérone qui compte, mais la sensibilité des follicules à ses métabolites. Les hommes castrés avant la puberté ne développent jamais de calvitie, prouvant le rôle hormonal. Mais chez l’homme adulte, un taux de testostérone “normal” suffit si la prédisposition génétique est présente.

La DHT : la vraie coupable

C’est la dihydrotestostérone qui miniaturise les follicules.

La DHT est produite à partir de la testostérone par l’enzyme 5-alpha-réductase. Elle est 2 à 3 fois plus puissante que la testostérone sur les récepteurs androgènes. Chez les hommes prédisposés, la DHT se lie aux récepteurs des follicules pileux sensibles. Cette liaison déclenche une cascade génétique qui raccourcit la phase de croissance. À chaque cycle, le cheveu produit est plus fin et plus court (miniaturisation).

Pourquoi seulement certains follicules ?

La distribution de la calvitie suit un schéma prévisible.

Les follicules du front et du vertex (sommet) possèdent plus de récepteurs aux androgènes. Ils sont génétiquement programmés pour être sensibles à la DHT. Les follicules de la couronne occipitale (arrière et côtés) sont naturellement résistants. Cette distribution génétique explique le pattern caractéristique de la calvitie masculine. C’est pourquoi la zone donneuse reste intacte pour les greffes de cheveux.

L’enzyme 5-alpha-réductase

Cette enzyme convertit la testostérone en DHT.

Il existe deux types de 5-alpha-réductase (types I et II). Le type II est prédominant dans les follicules pileux. Le finastéride bloque spécifiquement le type II, réduisant la DHT de 70%. Le dutastéride bloque les deux types, réduisant la DHT de 90-95%. L’activité de cette enzyme est en partie génétiquement déterminée.

Le mécanisme de miniaturisation folliculaire

Comprendre ce processus éclaire les stratégies thérapeutiques.

Le cycle capillaire normal

Chaque follicule passe par des phases cycliques.

La phase anagène (croissance) dure 2 à 7 ans normalement. La phase catagène (transition) dure 2-3 semaines. La phase télogène (repos) dure 3 mois avant que le cheveu ne tombe. Un nouveau cycle recommence immédiatement. Ce cycle se répète 20 à 30 fois au cours d’une vie.

Raccourcissement progressif de l’anagène

La DHT perturbe ce cycle chez les prédisposés.

Selon l’American Academy of Dermatology, la DHT active des gènes qui raccourcissent la phase anagène. À chaque cycle, l’anagène devient plus courte : 5 ans, puis 3 ans, puis 1 an, puis 6 mois, etc. Le cheveu n’a pas le temps de pousser long avant d’entrer en phase télogène. Parallèlement, la phase télogène peut s’allonger, laissant le follicule inactif plus longtemps.

Affinement du diamètre

Les cheveux deviennent progressivement plus fins.

Chaque cycle produit un cheveu avec un calibre légèrement inférieur. Un cheveu de 80 µm devient 70, puis 60, puis 50, puis 40 µm. À terme, le cheveu terminal devient vellus (duvet de 20-30 µm invisible). Ce processus prend généralement 10 à 20 ans selon la sévérité génétique. Les cheveux miniaturisés sont fragiles et se cassent facilement.

Le follicule n’est pas mort

C’est une distinction importante pour comprendre les traitements.

Le follicule continue de produire un cheveu, mais si fin qu’il est invisible. Il peut rester en cet état “dormant” pendant des années. C’est pourquoi les traitements peuvent parfois réactiver des follicules miniaturisés. Cependant, plus le follicule est miniaturisé depuis longtemps, plus difficile est la récupération. Après des décennies de miniaturisation complète, le follicule finit par s’atrophier définitivement.

Schéma de la miniaturisation progressive du follicule pileux sur plusieurs cycles

Facteurs aggravants et accélérateurs

Bien que génétique et hormonale, la calvitie peut être influencée par d’autres facteurs.

Le stress

Le stress chronique peut aggraver la progression.

Le stress élève le cortisol qui interfère avec les hormones sexuelles. Il peut déclencher un effluvium télogène se superposant à la calvitie. Le stress ne cause pas la calvitie génétique mais peut l’accélérer. Gérer le stress ne stoppe pas la calvitie mais peut ralentir la progression.

Le tabagisme

Fumer accélère significativement la calvitie.

Plusieurs études montrent que les fumeurs ont une calvitie plus sévère et précoce. Le tabac réduit la circulation sanguine du cuir chevelu. Il augmente le stress oxydatif et l’inflammation. Les fumeurs ont en moyenne 2 ans d’avance dans la progression. C’est un facteur modifiable sur lequel on peut agir.

Les carences nutritionnelles

Une mauvaise nutrition aggrave sans causer la calvitie.

Les carences en fer, zinc, protéines ou vitamines B affaiblissent les cheveux. Elles peuvent créer une chute qui se surajoute à la calvitie génétique. Corriger ces carences améliore la santé capillaire générale. Mais une nutrition parfaite ne prévient pas la calvitie génétique.

Le soleil et les UV

L’exposition chronique accélère le vieillissement du cuir chevelu.

Les UV endommagent les cellules souches du follicule. Ils augmentent le stress oxydatif et l’inflammation. Les personnes très exposées (travailleurs extérieurs, plages fréquentes) peuvent avoir une progression accélérée. Porter un chapeau protège le cuir chevelu exposé.

Certains médicaments

Quelques traitements peuvent aggraver temporairement.

Les stéroïdes anabolisants (musculation) accélèrent drastiquement la calvitie. Certains médicaments (lithium, bêta-bloquants) peuvent affecter les cheveux. La chimiothérapie provoque une chute massive mais temporaire. Les anticoagulants peuvent rarement causer une chute. Discutez avec votre médecin si vous suspectez un médicament.

Prévention : peut-on éviter la calvitie ?

La génétique ne peut pas être modifiée, mais l’expression peut être influencée.

On ne peut pas changer ses gènes

Soyons clairs : la prédisposition génétique ne peut être éliminée.

Si vous avez hérité des variantes génétiques à risque, la calvitie se manifestera. Aucun mode de vie ne “prévient” la calvitie génétique. Les promesses de prévention naturelle complète sont trompeuses. Accepter cette réalité permet de mieux se concentrer sur ce qui fonctionne.

Agir précocement sur les hormones

Les traitements anti-DHT peuvent stopper la progression.

Le finastéride bloque la production de DHT et préserve les cheveux. Commencé tôt (premiers signes), il maintient la chevelure pendant des années. C’est la seule vraie “prévention” efficace scientifiquement prouvée. Le minoxidil stimule les follicules et retarde la miniaturisation. Ces traitements ne changent pas les gènes mais bloquent leur expression.

Optimiser les facteurs modifiables

Minimisez les facteurs aggravants.

Arrêtez le tabac qui accélère la calvitie. Gérez le stress chronique par relaxation, sport, sommeil. Maintenez une nutrition équilibrée sans carences. Protégez votre cuir chevelu du soleil. Ces mesures n’empêchent pas la calvitie mais optimisent la santé capillaire. Elles augmentent l’efficacité des traitements médicamenteux.

Surveillance précoce

Détectez les premiers signes pour agir rapidement.

Surveillez votre ligne frontale et votre vertex dès 20-25 ans si antécédents familiaux. Prenez des photos de référence régulières pour objectiver les changements. Consultez un dermatologue dès les premiers signes plutôt que d’attendre une calvitie avancée. Plus le traitement est précoce, meilleurs sont les résultats à long terme.

Les types de calvitie

La calvitie suit des schémas prévisibles classés par échelles.

L’échelle de Norwood-Hamilton

C’est la classification de référence pour la calvitie masculine.

Elle décrit 7 stades principaux du stade 1 (pas de calvitie) au stade 7 (calvitie sévère). Le stade 3 marque généralement le début d’une calvitie visible. Les stades 4-5 montrent une progression avec atteinte frontale et du vertex. Le pattern suit la sensibilité génétique des différentes zones. Connaître son stade guide le choix thérapeutique.

Pattern frontal vs vertex

Certains hommes perdent d’abord au front, d’autres au sommet.

Le recul des golfes temporaux crée un front en “M”. La calvitie du vertex forme une tonsure (calvitie moine). Ces deux zones peuvent évoluer indépendamment ou fusionner. La génétique détermine quelle zone est plus sensible. Les deux patterns finissent souvent par se rejoindre aux stades avancés.

Calvitie diffuse

Certains hommes présentent un affinement généralisé plutôt que localisé.

Cette forme moins fréquente touche l’ensemble du cuir chevelu uniformément. La ligne frontale peut rester relativement intacte. Le diagnostic peut être plus difficile aux stades précoces. Les traitements médicamenteux peuvent être particulièrement efficaces. Cette forme est génétiquement distincte du pattern classique.

Questions fréquentes

La calvitie vient-elle vraiment de la mère ?

C’est partiellement vrai mais très simplifié. Le gène du récepteur aux androgènes (AR) sur le chromosome X vient effectivement de la mère. Mais plus de 280 gènes influencent la calvitie, la plupart venant des deux parents. Regarder uniquement le côté maternel ou paternel ne suffit pas à prédire. La réalité génétique est bien plus complexe qu’un seul “gène de la calvitie”.

Pourquoi certains hommes ne deviennent jamais chauves ?

Ils n’ont tout simplement pas hérité des combinaisons génétiques à risque. Leurs follicules ne possèdent pas assez de récepteurs aux androgènes pour être sensibles à la DHT. C’est purement génétique. Environ 15-20% des hommes conservent une chevelure complète toute leur vie. Ce n’est pas lié au mode de vie, c’est de la chance génétique.

Le stress peut-il causer la calvitie ?

Le stress ne cause pas l’alopécie androgénétique génétique. Cependant, il peut déclencher un effluvium télogène (chute temporaire diffuse) qui se surajoute. Il peut aussi accélérer la progression d’une calvitie génétique existante. Une fois le stress résolu, l’effluvium se résout mais la calvitie génétique continue. Le stress n’est donc pas “la cause” mais peut être un facteur aggravant.

Porter des casquettes cause-t-il la calvitie ?

Non, c’est un mythe complet. Les casquettes n’affectent pas les follicules pileux en profondeur. Elles ne réduisent pas la circulation sanguine de manière significative. De nombreux hommes portant quotidiennement des casquettes gardent leurs cheveux. Ce mythe vient probablement du fait que les hommes avec calvitie portent souvent des casquettes pour la cacher.

La calvitie peut-elle sauter une génération ?

Oui, c’est possible avec un trait polygénique. Un père peut avoir tous les cheveux tandis que son fils devient chauve (ayant hérité des gènes de la lignée maternelle ou des grands-parents). Inversement, un père chauve peut avoir un fils avec tous ses cheveux. La transmission n’est pas simple et directe comme avec les traits monogéniques. C’est la combinaison de multiples gènes qui compte.

Conclusion

L’origine de la calvitie réside dans une interaction complexe entre prédisposition génétique (80-90% du risque) et hormones androgènes. La DHT, dérivée de la testostérone, miniaturise progressivement les follicules génétiquement sensibles du front et du vertex. Ce n’est pas une maladie mais une variation physiologique normale affectant la majorité des hommes à des degrés variables.

Bien qu’on ne puisse pas modifier ses gènes, comprendre ces mécanismes permet d’agir efficacement. Les traitements anti-DHT (finastéride, dutastéride) bloquent l’expression de la prédisposition génétique. Plus le traitement est débuté tôt, meilleurs sont les résultats à long terme. Consultez un dermatologue dès les premiers signes pour un diagnostic précis et un plan de traitement adapté.

Avertissement médical : La calvitie nécessite un diagnostic professionnel pour exclure d’autres causes de chute de cheveux. Les traitements médicamenteux ont des effets secondaires potentiels et nécessitent une prescription médicale. Consultez un dermatologue pour une évaluation personnalisée avant d’entreprendre tout traitement.

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